"Aidez le peuple biélorusse !" : l'appel de Svetlana Tikhanovskaïa aux députés français

La cheffe de l'opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa a réitéré son appel à "faire pression" sur le président Loukachenko.
International

AUDITION - Une semaine après sa rencontre avec le président Macron en Lituanie, la cheffe de l'opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa s'est exprimée ce mercredi en visioconférence devant les députés français. Elle a appelé la France à maintenir la "pression" sur le président Loukachenko.

"Aidez-nous !" : c'est, en substance, le message de Svetlana Tikhanovskaïa. Invitée ce mercredi 7 octobre par la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, la cheffe de l'opposition biélorusse en exil a appelé la France à aider ses concitoyens victimes de la répression politique et à soutenir les médias indépendants dans son pays. "Aidez le peuple biélorusse, aidez à éviter la violence et le conflit civil ! Aidez à sortir de cette crise de manière digne, aidez-nous à conduire des élections libres et équitables", a-t-elle lancé lors d'une audition en visioconférence, alors que la Biélorussie est secouée depuis août dernier par une vague de protestation populaire contre le président Loukachenko, 66 ans dont 26 à la tête du pays.

Si l'ancienne candidate à la présidentielle a réitéré son appel à "faire pression" sur Alexandre Loukachenko, dont la réélection le 9 août est très contestée avec chaque dimanche des manifestations massives, pour obtenir de nouvelles élections, elle a aussi insisté sur une aide concrète aux manifestants. "Les sanctions, c'est très important mais ce n'est pas assez", a-t-elle souligné tout en demandant un "élargissement de la liste" de responsables biélorusses visés par des sanctions de l'Union européenne pour leur implication dans la répression de l'opposition. "Nous avons besoin d'aide pour la société civile, pour les gens qui descendent dans les rues manifester au péril de leur vie", a affirmé Tikhanovskaïa, désormais réfugiée en Lituanie.

Plaidant pour la mise en place d'un "couloir humanitaire", l'opposante a aussi demandé de l'aide pour "les journalistes indépendants", qui n'ont plus d'accréditation et couvrent à leurs risques et périls les manifestations. "Ce serait précieux d'avoir une aide de votre part en ce sens", a-t-elle insisté. Les "fonds de solidarité" pour les prisonniers politiques, les manifestants qui ont perdu leur travail, ceux qui ont dû quitter leur pays, les étudiants expulsés des universités "peuvent nous aider".  Par ailleurs, elle a convié les parlementaires français à se rendre à Minsk pour voir de leurs propres yeux les manifestations. "Ce n'est pas dangereux pour les étrangers" d'aller en Biélorussie et cela enverrait un "signal fort de soutien", a-t-elle assuré.

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Citant l'exemple de pays de l'UE comme la Lituanie et la Pologne, elle a aussi invité la France à accueillir des étudiants biélorusses poursuivis dans leur pays afin qu'ils puissent continuer leurs études à l'étranger. "Il faut être plus courageux dans vos propositions d'aide et il faut être unis, soutenir les initiatives d'autres pays de l'Union européenne", a-t-elle souligné.

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"Nous avons toujours admiré le courage du peuple français et sa culture politique. Aujourd'hui, le peuple biélorusse démontre aussi son courage", a-t-elle lancé, chaleureusement applaudie, en remerciant la France pour son "aide inestimable". Le président Emmanuel Macron a promis, lors d'une rencontre avec Svetlana Tikhanovskaïa le 29 septembre à Vilnius, d'aider à la médiation de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) dans la crise politique biélorusse.

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