Biélorussie : la police menace de tirer à balles réelles sur les manifestants

Des retraités biélorusses manifestaient lundi 11 octobre pour demander la démission du président de la République Alexandre Loukachenko
International

RÉPRESSION - Le président biélorusse Alexandre Loukachenko maintient la pression contre les manifestants, alors que l'Union européenne se dit prête à le sanctionner pour sa répression du mouvement de contestation.

La tension est montée d'un cran lundi 12 octobre en Biélorussie. Alors que des protestations ont lieu depuis le mois d'août pour demander le départ du président Alexandre Loukachenko, accusé d'avoir truqués les résultats de la présientielle, la police biélorusse a menacé de recourir aux balles réelles pour mater la contestation. 

La réélection de Loukachenko le 9 août malgré des soupçons de fraude massive avait déclenché un mouvement social historique. Depuis, des rassemblements ont lieu chaque semaine à Minsk, la capitale du pays.

Celui du dimanche 11 octobre a été violemment réprimé par la police, qui a déployé canons à eau et grenades assourdissantes contre la foule. Cette intervention fut la plus brutale depuis des semaines. Selon le groupe de défense des droits humains Viasna, 600 manifestants ont été arrêtés. Des vidéos relayées par Nexta, une chaîne Telegram d'opposition, témoignent des violences policières ayant eu lieu, précisant "apparemment, c'est à ça que ressemble le dialogue, selon Loukachenko".

"Armes de combat"

Lundi 12 octobre, une autre manifestation rassemblant des centaines de retraités à Minsk a également été dispersée par les forces de l'ordre, qui ont utilisé du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes, selon la police. Estimant, après la manifestation de dimanche, que les protestations sont devenues "organisées et extrêmement radicales", le ministère biélorusse de l'Intérieur a annoncé que les forces de l'ordre "utiliseront, si nécessaire, des équipements spéciaux et des armes de combat".

Dans une vidéo diffusée sur YouTube, le vice-ministre de l'Intérieur Guennadi Kazakevitch a dénoncé des "jets de pierres, bouteilles et couteaux" sur les forces anti-émeutes, ainsi que des "barricades et brasiers" dans les rues de Minsk. "Nous avons été confrontés non seulement à des agressions, mais à des groupes de combattants radicaux, d'anarchistes et de supporters de foot", a-t-il affirmé, tout en estimant que le mouvement de protestation "s’essouffle progressivement".

La police biélorusse avait déjà tiré à balles réelles début août, lors des premières manifestations réprimées par la force à Brest, au sud de la Biélorussie. Un manifestant était alors décédé, les autorités assurant que la police se défendait contre un groupe "agressif" armé de barres en métal. Cette version a été mise en doute par les médias indépendants locaux. 

L'Union européenne annonce des sanctions

Ces annonces interviennent alors que les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne se sont entendus pour sanctionner Alexandre Loukachenko  et des "entités et des fonctionnaires de haut rang" de son régime, ainsi que des membres de sa famille et des juges, pour la répression menée dans le pays. Ces sanctions consisteraient en "une interdiction de voyager et un gel des avoirs à l'encontre des personnes responsables de la fraude à l'élection présidentielle et de la violente répression contre des manifestations pacifiques", selon le Conseil de l'UE.

L'UE a déjà sanctionné 40 responsables biélorusses, dont le ministre de l'Intérieur et son adjoint. Elle a également rejeté les résultats de la présidentielle du 9 août. "Rien ne s'est amélioré en Biélorussie. La violence du régime de Loukachenko et l'arrestation de manifestants pacifiques se poursuivent", a déclaré le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas. 

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De son côté, Alexandre Loukachenko accuse les Occidentaux d'avoir fomenté la contestation le visant, et dispose du soutien du président russe Vladimir Poutine.

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Biélorussie : le peuple se soulève

Depuis le début du mouvement de contestation, des centaines de manifestants, responsables de mouvements politiques, d'organisations syndicales et des journalistes ont été arrêtés. La quasi-totalité des figures de l'opposition sont en détention ou en exil à l'étranger et la semaine dernière, les autorités ont annulé les accréditations de l'ensemble des médias étrangers.

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