Biélorussie : un sommet européen extraordinaire des 27 dirigeants se tiendra mercredi 19 août

Biélorussie : un sommet européen extraordinaire des 27 dirigeants se tiendra mercredi 19 août

DIPLOMATIE - Un sommet extraordinaire des 27 dirigeants de l'UE se tiendra ce mercredi 19 août et aura pour thème la situation en Biélorussie, annonce le président du Conseil européen. Il intervient alors que les protestations se multiplient dans ce pays pour pousser le président Loukachenko au départ.

L'Europe ne masque pas son inquiétude après les manifestations pacifiques de Minsk pour pousser le président Loukachenko au départ, après son élection. Si inquiète qu'un sommet extraordinaire des 27 dirigeants de l'UE aura lieu, ce mercredi 19 août, a annoncé Charles Michel, président du Conseil Européen sur Twitter. "Le peuple du Bélarus a le droit de décider de son avenir et d'élire librement son dirigeant. La violence contre les manifestants est inacceptable et ne peut pas être tolérée", a-t-il déclaré. 

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Biélorussie : le peuple se soulève

En raison de l'aggravation des tensions, Charles Michel, a décidé de convoquer ce sommet dès ce mercredi 19 août, par visioconférence, selon une source européenne à l'AFP. Il devrait débuter à la mi-journée.

Initialement, la situation devait être évoquée fin août à Berlin lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE mais la crise s'est encore aggravée. Face aux différentes manifestations qui ont eu lieu dans le pays, pour protester contre la réélection très contestée du président Loukachenko, la tenue d'un sommet extraordinaire a donc été acté. 

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Loukachenko ne bouge pas d'un iota

Contesté dans les résultats et confronté à la plus grande vague de protestation depuis son arrivée au pouvoir en 1994, le président biélorusse, Alexandre Loukachenko a reçu ce week-end le soutien de Moscou, un allié historique malgré des tensions récurrentes entre les deux pays. 

Jamais en 26 ans de pouvoir sans partage, Loukachenko n'avait autant été contesté. Fidèle à son style de dirigeant implacable et capricieux, le président biélorusse reste inflexible et rejette tout départ, se posant en garant de l'indépendance de son pays, de la même façon qu'il récuse la demande d'organiser une nouvelle élection. 

La situation s'envenime de jour en jour dans le pays si bien que dès vendredi 14 août, l'Union européenne a décidé de sanctionner la répression au Bélarus lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27. Une liste de personnes accusées d'avoir organisé et procédé à la répression au Bélarus sera établie et soumise pour approbation aux Etats membres, ont décidé les ministres vendredi. Des actes de tortures sur des manifestants emprisonnés ont notamment été dénoncés. 

L'Europe s'indigne

L'Allemagne, qui assure la présidence de l'Union européenne, a menacé dès ce lundi 17 août d'étendre les sanctions déjà décidées contre des responsables du Bélarus, après les violences contre les manifestants. Le Bélarus est toujours sous le coup d'un embargo sur les ventes d'armes et de matériel pouvant être utilisé pour la répression. Quatre personnes sont déjà interdites de séjour dans l'UE et leurs avoirs ont été gelés depuis 2016. 

Dans une déclaration commune,  les présidents de cinq partis du Parlement européen ont appelé à des élections libres au Bélarus et condamné les "épouvantables actes de violence et de torture" envers les manifestants. "Nous soutenons avec force le désir de changement démocratique et de liberté du peuple du Bélarus", ont déclaré l'Allemand Manfred Weber, président du PPE (droite), la social-démocrate espagnole Iraxte Garcia Perez, le libéral roumain Dacian Ciolos, les écologistes Ska Keller (Allemande) et Philippe Lamberts (Belge) et les conservateurs Ryszard Legutko (Polonais) et Raffaele Fitto (Italien). 

Le Royaume-Uni explique, quant à lui, qu'il "n'accepte pas les résultats" de l'élection et compte "sanctionner les responsables" de la répression. "Le Royaume-Uni n'accepte pas les résultats. Nous avons besoin de toute urgence d'une enquête indépendante par l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) sur les failles qui ont rendu injustes les élections, ainsi que sur la répression atroce qui a suivi", a déclaré Dominic Raab, le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué. "Le Royaume-Uni travaillera avec nos partenaires internationaux pour sanctionner les responsables et demander des comptes aux autorités biélorusses", a-t-il ajouté. Emmanuel Macron a, de son côté, plaidé pour que l'UE se mobilise encore aux côtés des manifestants. 

Les manifestations se poursuivent : un appel à la grève générale

Ce lundi 17 août, les manifestations ont repris dans le pays devant plusieurs usines et le siège de la télévision publique bélarusse à Minsk à l'appel de l'opposition, qui a annoncé une grève générale. Des protestataires brandissant les drapeaux blanc et rouge de l'opposition se sont notamment réunis devant une usine de véhicules lourds (MZKT) où Alexandre Loukachenko est arrivé lundi en hélicoptère, indique l'AFP. 

Des milliers d'employés ont également arrêté le travail dans l'usine de tracteurs de Minsk (MTZ), ont affirmé des ouvriers de cette entreprise à nos confrères. Des foules d'ouvriers d'autres usines étaient en route vers l'usine MZKT pour rejoindre les protestations. "Pars !", "Nous n'oublierons pas, nous ne pardonnerons pas", ont scandé les protestataires réunis devant le siège de MZKT.

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