Birmanie : au moins huit morts lors de nouvelles manifestations, l'ONU condamne la répression

La répression meurtrière en Birmanie se poursuit ce dimanche.

DICTATURE - De nouveaux rassemblements contre le coup d'État militaire en Birmanie ont été violemment dispersés dimanche par les forces de sécurité, relatent des médias locaux, faisant état d'au moins huit manifestants tués et des dizaines de blessés.

Un mois après le coup d'État perpétré en Birmanie contre la dirigeante Aung San Suu Kyi, les contestations pacifiques ne faiblissent pas et la répression s'accroît. De nombreux militaires étaient mobilisés ce dimanche pour disperser violemment les manifestants qui répondaient à de nouveaux appels à la désobéissance civile. 

Cette répression a entraîné la mort d'au moins six personnes et blessé une vingtaine d'autres à travers le pays, dont deux victimes de 18 ans à Bago, une à Rangoun, et trois autres dans un rassemblement de la ville côtière de Dawei dans le sud. Ces trois manifestants ont été "touchés par des tirs à balles réelles", alors que les blessés avaient été atteints par des tirs de balles en caoutchouc, raconte Pyae Zaw Hein, volontaire auprès des secouristes."Il pourrait y avoir beaucoup plus de victimes (à venir, ndlr) car nous continuons de recevoir des blessés (graves, ndlr)", déplore-t-il. 

Les Nations Unies ont dénoncé cette répression meurtrière. "Nous condamnons fermement la répression violente des manifestations en Birmanie et appelons les militaires à cesser immédiatement d'utiliser la force contre des manifestants pacifiques", a déclaré dimanche, dans un communiqué, Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'Homme. L'ONU a par ailleurs évoqué un bilan alourdi à 18 morts ce dimanche. 

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Birmanie : un coup d'État et une répression sanglante

À Rangoun, les militaires ont procédé à une opération de dispersion similaire."La police a commencé à tirer dès que nous sommes arrivés", explique Amy Kyaw, une institutrice de 29 ans. "Il n'y a pas eu un mot d'avertissement. Certains ont été blessés et d'autres sont toujours en train de se cacher dans les maisons du quartier." Des retransmissions en direct sur les réseaux sociaux montraient en effet les forces de l'ordre utiliser des gaz lacrymogènes contre la foule à Rangoun. 

Du côté de Mandalay, des canons à eau ont été utilisés pour disperser la foule, pendant qu'un journaliste était roué de coups à Myitkyina. Pour l'heure, rien n'indique que des tirs à balles réelles ont eu lieu dans ces deux villes. "La nette escalade du recours à la force létale dans plusieurs villes du pays (...) est scandaleuse et inacceptable et doit être immédiatement stoppée", alerte toutefois Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie à Human Rights Watch.

Des arrestations par centaines

Outre la répression meurtrière, les arrestations se multiplient. Les médias officiels recensent 479 arrestations pour la seule journée de samedi. Parmi elles, au moins trois journalistes ont été arrêtés, dont un photographe de l'agence américaine Associated Press ainsi qu'un vidéaste et un photographe de deux agences birmanes, respectivement Myanmar Now et Myanmar Pressphoto. 

Quant à l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, elle n'a pas été vue en public depuis son arrestation. Malgré plusieurs demandes, son avocat Khin Maung Zaw n'a pas été autorisé à voir sa cliente. "Assignée à résidence" et "en bonne santé" dans la capitale Naypyidaw, elle a été inculpée pour l'importation illégale de talkies-walkies puis pour violation des restrictions liées au coronavirus, des chefs d'accusation pour lesquels elle est censée comparaître ce lundi. "En tant qu'avocat, j'ai toute confiance dans le tribunal et dans le principe du procès équitable", confie-t-il. "Mais en cette période, tout peut arriver."

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La liste des victimes s'allonge puisque l'on dénombrait au moins cinq morts dans les rangs des manifestants depuis le coup d'État, avant ce nouveau week-end sanglant. L'armée précise par ailleurs qu'un policier a également péri en tentant de disperser une précédente manifestation. A l'instar de l'ONU, les États-Unis et l'Union européenne ont fermement condamné les violences perpétrées par la junte birmane, réclamant son retrait.

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