Crise des Rohingyas : première visite d'Aung San Suu Kyi dans la zone du conflit

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SURPRISE - Un prix Nobel longtemps silencieux… A la tête du nouveau gouvernement birman depuis fin mars 2016, Aung San Suu Kyi s'est peu exprimée sur cette crise, s'attirant les critiques de la communauté internationale.

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi est arrivée, jeudi 2 novembre, dans l'ouest du pays, pour une visite surprise dans cette région où l'armée a lancé fin août une campagne de répression. "La conseillère d'Etat (titre officiel de Aung San Suu Kyi, ndlr) est maintenant à Sittwe et ira à Maungdaw et Buthidaung", a déclaré à l'AFP Zaw Htay, le porte-parole du gouvernement, citant deux districts du nord de l'Etat Rakhine, épicentre des violences, qualifiées par l'ONU d'"épuration ethnique".


Depuis le 25 août, plus de 600.000 Rohingyas ont fui la Birmanie vers le Bangladesh voisin. En cause : une vaste campagne de représailles de l'armée depuis des attaques, le 25 août, de rebelles rohingyas. 

Face au silence d'Aung San Suu Kyi depuis le début de ce qu'Emmanuel Macron a qualifié de "génocide", la communauté internationale avait fait part de son incompréhension. Certains avaient même demandé le retrait de son Nobel de la paix. Au pouvoir depuis avril 2016, elle doit depuis composer avec une armée puissante, malgré l'autodissolution de la junte en 2011, ainsi qu'une opinion publique largement xénophobe et antimusulmane. 


Les Rohingyas représentent la plus grande population apatride au monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous la junte militaire. Victimes de discriminations, ils ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Et ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et hôpitaux.

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