Birmanie : de nouvelles accusations de corruption contre Aung San Suu Kyi

Si elle est reconnue coupable, Aung San Suu Kyi devra se retirer de la vie politique.

AUTORITARISME - La junte birmane a lancé de nouvelles accusations de corruption contre Aung San Suu Kyi, qui pourrait être exclue de la vie politique si elle est reconnue coupable, et maintient son emprise sur plusieurs villes du pays en proie à une répression féroce.

Quatre chefs d'accusation avait déjà été retenus par la junte militaire contre la "La Dame de Rangoun", représentante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) au pouvoir depuis 2015. Les militaires birmans resserrent la pression sur l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, arrêtée lors du coup d'État le 1er février dernier. La junte a lancé ce jeudi 17 mars de nouvelles accusations de corruption à son encontre. Si elle est reconnue coupable des faits qui lui sont reprochés, elle encourt de longues années de prison et pourrait être exclue de la vie politique, alors que des milliers de manifestants réclament sa libération.

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Birmanie : un coup d'État et une répression sanglante

À l'origine de ces nouvelles incriminations ? La diffusion d'une vidéo d'un homme d'affaires controversé sur la télévision d'État qui confesse lui avoir versé 550.000 dollars en plusieurs fois entre 2018 et 2020. "D'après ce témoignage, les autorités ont détecté qu'Aung San Suu Kyi s'était rendue coupable de corruption et ils se préparent à l'inculper", a déclaré la chaîne MRTV.

"Accusations sans fondement et absurdes"

"Ces nouvelles accusations sont sans fondement et absurdes", a immédiatement réagi son avocat, Khin Maung Zaw. Ma cliente a "peut-être des défauts, mais corrompre les gens n'est pas dans sa nature (...) la plupart des Birmans n'y croiront pas".  

Assignée à résidence, Aung San Suu Kyi a déjà été inculpée à quatre reprises : pour importation illégale de talkies-walkies, non-respect des restrictions liées au coronavirus, violation d'une loi sur les télécommunications et incitation aux troubles publics. La semaine dernière encore, l'armée avait annoncé ouvrir une enquête pour corruption, l'accusant dans un premier temps d'avoir perçu illégalement 600.000 dollars et plus de 11 kilos d'or.

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En attendant, le bilan des victimes s'alourdit de jour en jour en Birmanie. Au moins sept personnes ont été tuées ce mercredi par les forces de sécurité, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP) qui fait un point quotidien sur la situation. Au total, 217 manifestants ont été tués par les forces de sécurité depuis le début du coup d'État, 2.200 personnes ont été arrêtées et sont détenues au secret. Beaucoup ne peuvent pas rencontrer leur proche, ni même un avocat.

Les militaires sont plus que jamais décidés à éteindre la contestation pro-démocratie qui souffle sur le pays depuis plus d'un mois et demi et fait fi des multiples condamnations internationales et des sanctions mises en place par plusieurs puissances occidentales, telles que les États-Unis et l'Union européenne. 

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