Violences contre les Rohingyas : une pétition demande que le prix Nobel de la paix soit retiré à Aung San Suu Kyi

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PETITION - Alors que la cheffe du gouvernement birman, Aung San Suu Kyi, est sortie de son silence pour crier à la "désinformation" au sujet de la crise des Rohingyas, une pétition prend de l'ampleur pour réclamer le retrait de son prix Nobel de la paix.

Elle a été lancée il y a un an, mais cette pétition a pris ces derniers jours une toute nouvelle ampleur. Alors que la cheffe du gouvernement birman, Aung San Suu Kyi, est sortie de son assourdissant silence au sujet de la crise des musulmans rohingyas, dénonçant un "iceberg de désinformation", plus de 340.000 internautes demandent désormais le retrait du prix Nobel de la paix qui lui avait été attribué en 2012.


Ces paroles, elles les aurait tenues lors d'un échange téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan : "Ce genre de fausse information est seulement la partie émergée d'un énorme iceberg de désinformation. Nous savons bien mieux que d'autres ce que c'est que d'être privés de droits et de protection démocratique. Nous ferons en sorte que tous les habitants de notre pays voient leurs droits protégés", a-t-elle déclaré, selon Time

Une situation qui peut déstabiliser la régionAntonio Guterres

Celle qui fut autrefois l'icône de la démocratie dans son pays fait ainsi référence aux critiques s'élevant progressivement à l'international pour dénoncer des "opérations de dégagement" ("clearance operations", en anglais), menées par les forces militaires dans l'Etat d'Arakan en Birmanie, contre la minorité musulmane des Rohingyas. Le gouvernement turc, notamment, avait publié des photos non authentifiées, à la fin du mois d'août, pointant du doigt un "nettoyage ethnique" en cours. 

Si la communauté européenne demeure majoritairement silencieuse sur la situation des Rohingyas, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) donne pourtant une estimation parlante : plus de 123.000 personnes issues de cette minorité musulmane seraient actuellement en exode vers le Bangladesh voisin afin de fuir la répression armée. Une répression qui se serait largement intensifiée depuis le 25 août dernier, lorsque plusieurs assaillants se revendiquant de cette communauté ont attaqué des postes de police. 


Et alors que plusieurs témoignages de réfugiés évoquent des maisons brûlées et un crime de grande ampleur, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a demandé dans une lettre au gouvernement birman de "cesser cette violence qui, à [s]on avis, crée une situation qui peut déstabiliser la région". Sur place, les humanitaires ont été interdits d'accès. 

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