"Black Lives Matter" : le policier accusé d'avoir asphyxié Eric Garner a été licencié de la police de New York

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SCANDALE - En 2014, cette affaire avait fortement heurté la communauté internationale. Eric Garner, 43 ans, avait été violemment plaqué au sol par des policiers, avant de mourir, privé d'air. Cinq ans après, le policier accusé de l'avoir asphyxié a été licencié de la police new-yorkaise.

Il aura fallu cinq ans avant que le chef de la police new-yorkaise ne se prononce. Mais la décision est tombée : le policier accusé d'avoir asphyxié Eric Garner, mort au cours d'une interpellation extrêmement violente en 2014, a été licencié de la police new-yorkaise. 

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Des explications "non plausibles et mensongères"

Le chef de celle-ci, James O'Neill, a indiqué avoir décidé de suivre la recommandation d'une juge administrative, à l'issue d'un procès disciplinaire qui s'était terminé en juin dernier, sur cette affaire emblématique des violences policières contre les Noirs aux Etats-Unis. Au cours d'une conférence de presse, lundi 19 août, il a expliqué être "d'accord" avec la recommandation de la juge : "L'officier Daniel Pantaleo ne peut plus servir de façon efficace comme policier à New-York". 

Il a néanmoins longuement souligné combien la décision avait été difficile, pour des policiers qui ont "l'un des métiers les plus difficiles au monde" et doivent prendre des décisions difficiles "en un instant". De nombreuses associations de défense des droits civiques avaient appelé James O'Neill à suivre cette recommandation, plutôt que des sanctions moins lourdes un temps évoquées.

Dans un avis de 46 pages, dont des extraits ont été publiés par les médias américains, la juge Rosemarie Maldonado a notamment estimé que le policier avait fourni, lors d'une enquête interne sur cet événement, des explications "non plausibles et mensongères". Elle a aussi jugé "non fiables" les témoignages des autres policiers interrogés sur cet incident. A la mi-juillet, le ministère de la Justice avait annoncé qu'il renonçait à entamer des poursuites, ce qui avait eu pour conséquences de voir de nombreuses demandes de licenciement de la part de la communauté noire américaine. 

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"I can't breathe"

Cette histoire remonte à 2014, le 17 juillet précisément. Ce jour-là, Eric Garner, âgé de 44 ans, avait été violemment plaqué au sol par des policiers qui le soupçonnaient de vendre illégalement des cigarettes dans un quartier de Staten Island. En surpoids et asthmatique, Eric Garner, qui refusait d'être interpellé mais n'était pas armé, avait perdu connaissance alors que cinq hommes s'employaient à le menotter, avant de décéder. Les images de l'interpellation, filmées par un ami et mises en ligne peu après, avaient fait le tour du monde. On y entend Eric Garner, père de six enfants, répéter "Je ne peux pas respirer" ("I can't breathe").

Des mots qui avaient ensuite été repris à travers les Etats-Unis. L'équipe des Lakers de Los Angeles l'avait par exemple utilisée lors d'une séance d'échauffement avant un match de NBA, imitée en cela par des stars du basket américain telles que LeBron James ou Kevin Garnett, tandis que les footballeurs de Saint Louis avaient gravé l'inscription sur leurs chaussures. Un hommage parmi tant d'autres, y compris celui du collectif punk anti-Poutine des "Pussy Riots", qui avaient publié une chanson  intitulée justement "I Can't Breathe".

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