Black-out au Venezuela : pourquoi le pays est resté plongé dans le noir pendant cinq jours ?

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À LA LOUPE - Pendant cinq jours, 80% du Venezuela, dont la capitale Caracas, est resté plongé dans le noir suite à une coupure géante d'électricité. La raison ? La panne d'une centrale hydroélectrique dans le sud du pays.

Après plus de quatre jours pleins de panne d'électricité au Venezuela, le président Nicolas Maduro a prolongé mardi 12 mars la fermeture des écoles et demandé aux vénézuéliens de ne pas se rendre au travail. De son côté, le président autoproclamé Juan Guaido a fait voter l'état d'alerte par l'Assemblée nationale, dominée par l'opposition. 

Le super barrage de Guri

Cette panne géante trouve son origine dans l'arrêt de la centrale hydroélectrique Simón Bolívar, alimentée par le barrage de Guri, dans le sud du pays. Il ne s'agit pas de n'importe quelle centrale : c'est la quatrième plus puissante au monde. Elle dispose en tout de dix générateurs pour une capacité de production de 10.200 MW. A titre de comparaison, la centrale hydroélectrique la plus puissante de France, Grand'Maison en Isère, a une capacité de seulement 1690 MW. 


La centrale Simón Bolívar est inaugurée en 1978. Fierté nationale, elle devient la plus puissante du monde après une rénovation en 1986, avant d'être dépassée par le barrage brésilo-paraguayen d'Itaipu. En plein développement économique, le continent sud-américain avait besoin de grandes quantités d'énergie. Bien que le Venezuela dispose des plus grandes réserves mondiales de pétrole, il a privilégié la houille blanche. 


La retenue d'eau de Guri est également impressionnante. Elle s'étend sur 4250 km², ce  qui en fait le 10e plus grand lac artificiel de la planète. Si on poursuit la comparaison avec la France, la retenue crée par le barrage de Serre-Ponçon, dans les Hautes-Alpes, mesure 28 km². 

"Une attaque cybernétique" ?

La compagnie nationale Corpoelec, qui exploite la centrale, dénonce un sabotage. Pour Nicolás Maduro, cela ne fait aucun doute : "le réseau électrique national a fait l'objet de multiples cyberattaques qui ont provoqué sa chute et empêché toute tentative de rétablissement", a-t-il tweeté dimanche 10 mars. La veille, il évoquait déjà "une attaque cybernétique" venant des Etats-Unis. 


Toutefois, la technologie de la centrale de Guri  date des années 70 et 80. Une cyber-attaque paraît donc compliquée. De plus, toute la zone du barrage est placée sous contrôle de l'armée. 

Un incendie à l'origine de la coupure d'électricité ?

Avant les accusations de piratage de la centrale hydroélectrique par les Etats-Unis, Corpoelec, la compagnie nationale d'électricité, évoquait des incendies près de lignes d'alimentation.  Le réseau, mal entretenu, serait envahi par la végétation. Cette dernière a pris feu et a endommagé gravement le réseau d'acheminement d'électricité. 

L'opposition déclare l'état d'alerte

L'absence d'électricité envenime la situation politique du pays. L'Assemblée nationale, présidée par Juan Guaido, a déclaré, mardi 12 mars, l'état d'alerte - phase préliminaire à l'état d'urgence - pour un mois. Le texte adopté par l’opposition qualifie la coupure historique d'électricité de "calamité publique". 


De son côté, le président Nicolás Maduro a nommé une commission d'enquête spéciale pour faire toute la lumière sur ce qu'il continue de qualifier de cyber-attaque. Il a annoncé qu'il demanderait l'aide de l'ONU, ainsi que des alliés du Venezuela. 

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