Blocus sur les transactions et économie à la traîne, que sait-on des sanctions américaines en Iran ?

DirectLCI
DIPLOMATIE - Les États- Unis ont rétabli mardi 7 août des sanctions économiques contre l'Iran, après avoir quitté l'accord mondial de 2015. L'objectif affiché est de freiner le programme nucléaire et d'affaiblir un pays que Donald Trump suspecte de liens avec des groupes terroriste. Que sait-on exactement sur ce retour en arrière?

Sans surprise, la  première vague de sanctions réimposées par les Etats-Unis contre l’Iran est entrée en vigueur, mardi 7 août. Cette volonté d'instaurer à nouveau des pressions économiques contre le pays dirigé par Hassan Rohani avait été annoncée le 8 mai dernier, date à laquelle Donald Trump avait annoncé son retrait unilatéral de l'accord sur le nucléaire. Elle a été réitérée ce mardi par le président américain via Twitter : "Quiconque faisant des affaires avec l'Iran ne fera PAS d'affaires avec les Etats-Unis. Je demande la PAIX MONDIALE, rien de moins".

Cet accord sur le nucléaire avait été négocié en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances du monde. Il visait à surveiller le programme nucléaire de Hassan Rohani afin d'assurer son caractère strictement pacifique. En échange de cette mise sous tutelle, les Etats-Unis,la Russie, la Chine et l’Union européenne devaient progressivement lever des sanctions économiques qui asphyxiaient le pays depuis de longues années. Mais dès sa campagne présidentielle, et encore plus depuis sa prise de pouvoir, le président américain n'avait cessé de critiquer un traité qu'il juge injuste, pour le plus grand bonheur d'Israël et en dépit des désaccords des autres partenaires de l'accord, parmi lesquels l'Allemagne et la France.

Quelles sanctions économiques ?

Ce retour sur l'accord historique de 2015 comprend des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières. Encore plus inquiétant, notamment pour les investissements européens, les répressions comprennent un ensemble de mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale. C'est pourquoi les entreprises du secteur ont dû se retirer d'Iran, afin de se conformer à la la volonté de Donald Trump et ne pas perdre l’accès au marché américain.


Ainsi, la compagnie française Airbus a dû renoncer à des contrats auprès de l'aviation iranienne. Ils portaient sur la vente de 106 Airbus, dont à peine trois ont été livrés. PSA et Renault sont également touchées par cette décision inédite. Les deux géants de l’automobile étaient présents depuis longtemps dans le pays et espéraient profiter de la levée des sanctions internationales. Las ! Pour ces entreprises, c'est un marché de 80 millions d’habitants qui s’envole.

De plus, le 4 novembre, de nouvelles restrictions affectant le secteur pétrolier et gazier devraient également être enclenchées. Une décision qui aurait de grave conséquences pour tous les pays importateurs de pétrole. Et qui a déjà ébranlé les marchés financiers en provoquant une hausse du baril de pétrole de près de 4%. 

Quelles conséquences pour l'Iran ?

Les sanctions devraient être très pénalisantes pour une économie déjà bien à la traîne. Depuis leur annonce, le rial, la monnaie locale, ne cesse de plonger. En six mois, il a perdu près des deux tiers de sa valeur. Une situation qui devrait empirer à partir de mardi. Le ministre iranien du Travail avait en effet annoncé qu'il  risquerait d'y avoir plus d'un million de personnes au chômage et un taux d'inflation considérable, d'environ 110%, à cause de la dépendance du pays à l’importation.

De plus, la population est sous le choc après ce retour en arrière. Les Iraniens, qui pensaient avoir tourné la page et pouvoir profiter des investissements internationaux et de leur retour sur les marchés, ont vu tout espoir s'envoler. Alors depuis quelques jours, des mobilisations ont lieu dans plusieurs villes du pays. Les manifestants critiquent le gouvernement Rohani, la pauvreté grandissante et la corruption. Dans une interview ce lundi, le chef d'Etat a jugé "insensé" la position du président américain, qui appelait, en même temps qu'il reprenait les sanctions, à "des négociations", dénonçant une "guerre psychologique" contre l'Iran.

Pourquoi ces sanctions ?

Depuis sa course à la Maison Blanche, le magnat de l'immobilier n'a eu cesse de critiquer l'accord sur le nucléaire. Et, dix jours à peine après son entrée en fonction, Donald Trump dénonçait le comportement "déstabilisateur" de l'Iran. Il s'était fendu d'un tweet résumant sa position virulente en février 2017 : "L'Iran joue avec le feu. Ils ne se rendent pas compte à quel point le président Obama avait été gentil avec eux. Pas moi!"

Les objectifs affichés par le commander in chief sont de stopper le programme balistique du pays et bloquer son influence au Moyen-orient. Il reproche notamment à l'Iran son soutien à des puissances locales, telles que ses aides au président syrien Bachar al-Assad, aux rebelles Houthis au Yémen ou encore au Hamas à Gaza et au Hezbollah libanais. Prises de position que Donald Trump juge comme un "soutien au terrorisme". Il désire donc freiner l'agressivité dont il suspecte le pays. Et son accès à l’arme nucléaire.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter