Boeing 777 disparu : 122 pièces de l'avion dans "une botte de foin chaotique"

Boeing 777 disparu : 122 pièces de l'avion dans "une botte de foin chaotique"

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VOL MH370 MALAYSIA AIRLINES - la recherche des boîtes noires du vol MH370 se révèle délicate, le Boeing s'étant abîmé dans une région hostile. Les vents forts balayent l'océan à la surface et sous l'eau, les opérations sont confrontés à un fond volcanique accidenté.

La malédiction du vol MH370 se poursuit. Après 17 jours de recherches laborieuses , marquées par des couacs à répétition et la douleur des proches des 239 passagers, l'épave du Boeing 777 - dont la zone du crash a été repérée lundi - n'a pas fini de jouer avec les nerfs des enquêteurs. Car l'avion s'est abîmé aux confins des océans Indiens et Austral, un désert marin où les recherches des fameuses boîtes noires relèvent de la gageure.

Une course contre la montre a en effet été lancée pour tenter de capter les signaux de la balise des boîtes noires du MH370. Cette dernière ne dispose plus, en théorie, que d'une dizaine de jours d'autonomie. La marine américaine a dépêché un détecteur de boîtes noires, un engin triangulaire de 35 kilos attaché au bout d'un câble remorqué par un navire. Les hydrophones qu'il contient peuvent détecter les signaux d'une boîte noire jusqu'à 6000 mètres de profondeur. Mais la balise a elle-même une portée limitée à 2-3 kilomètres. Et la repérer dans ces conditions relève donc quasiment de la mission impossible.

"Une aiguille à la dérive"

Les armées de six Etats qui s'agitent très au large des côtes occidentales de l'Australie, à quelque 2500 kilomètres de la ville de Perth, ont eu la confirmation ce mercredi que 122 pièces du Boeing se situent dans la zone. Un "pays de l'ombre" dixit les navigateurs, en raison de ses conditions extrêmes - vents forts, murs d'eau, icebergs et lumière rasante - où les bateaux rencontrent des vagues de 10 à 15 mètres en cas de tempête. Une contrainte colossale pour le groupe américain Soufan, spécialisé dans le renseignement et la sécurité géostratégique, lequel évoque "une aiguille à la dérive dans une botte de foin chaotique qui ne cesse de changer d'apparence".

Si les conditions météorologiques freinent les recherches à la surface, les opérations sous-marines ne se révèlent guère plus réjouissantes. Et pour cause : ce périmètre est traversé par la dorsale sud-est indienne, une chaîne "extrêmement active" de volcans à une moyenne de 3.000 m de profondeur. Les fonds y sont "accidentés, formés de failles, de petites ravines et de crêtes, avec peu de sédiments pour niveler cette partie du monde parce qu'elle est assez jeune" à l'échelle géologique, souligne le géologue Robin Beaman.

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