Boeing 777 disparu : "Eh bien, bonne nuit", les derniers mots troublants du copilote

Boeing 777 disparu : "Eh bien, bonne nuit", les derniers mots troublants du copilote

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VOL MH370 – Les dernières paroles échangées entre la tour de contrôle de Kuala Lumpur et le Boeing 777 auraient été prononcées à 1h21 par le copilote, selon le PDG de la compagnie. Deux minutes plus tard, toutes les communications étaient définitivement rompues.

"Eh bien, bonne nuit." Ces mots auraient été prononcés par le copilote du vol MH370 de la Malaysia Airlines, Fariq Abdul Hamid, selon son PDG, quelques minutes avant que soit perdue la trace de l'appareil. A priori, cette ultime communication avec la tour de contrôle de Kuala Lumpur, peu avant de pénétrer dans l'espace aérien vietnamien, aurait pu paraître anodine. Sauf que, selon la chronologie établie par les données satellites recueillies, elle survient à 1h21, soit quatorze minutes après la dernière transmission de l'Acars, un système de communication permettant l’échange d’informations automatiques entre l’avion et le sol par liaison radio ou satellite. Ce dernier aurait été volontairement coupé entre 1h07 et 1h37, selon le PDG de Malaysia Airlines. Enfin, à 1h23, les transpondeurs (émetteurs radio) cessaient d'émettre, désactivés délibérément.

Dès lors se posent plusieurs questions. D'abord, l'Acars a-t-il été coupé avant les derniers mots prononcés par le copilote ? Dans ce cas, pour les experts, pas de doute : il devait savoir ce qu'il était en train de se produire : "Le système est situé juste derrière le siège du commandant de bord et son accès n'est pas simple pour qui ignore son emplacement", explique à metronews le criminologue en transport aérien Christophe Naudin. Dans ce cas, était-il impliqué, ou s'est-il exprimé sous la contrainte, menacé par une tierce personne présente dans le cockpit ?

"Aucun équipage n'aurait piloté comme ça"

Pour en avoir le cœur net, les enquêteurs mènent des investigations depuis plusieurs jours sur le profil des deux pilotes. Selon eux, seul "un pilote confirmé et toujours en activité" aurait été capable d'agir . Mais ces investigations n'ont pour l'instant rien donné, les profils des deux hommes présentant un caractère ordinaire et inoffensif : le commandant de bord, Zaharie Ahmad Shah, 53 ans, est militant d'une opposition malaisienne progressiste, bricoleur et cordon-bleu, et le copilote, Fariq Abdul Hamid, 27 ans, était sur le point de se marier.

Christophe Naudin doute aussi que les deux hommes soient impliqués volontairement dans la disparition du vol MH370. "Je n'écarte pas totalement cette hypothèse, mais je serais extrêmement étonné que ce soit le cas", explique-t-il. Il avance deux explications pour étayer son propos. D'abord, la trajectoire de l'avion, qui a pu être en partie déterminée grâce aux données satellites : il serait monté jusqu'à 45.000 pieds (13.700 mètres d'altitude) avant de descendre de manière irrégulière jusqu'à 23.000 pieds, soit en dessous de la hauteur de croisière. Or, "Aucun équipage n'aurait fait monter un [Boeing, ndlr] 777 à 45.000 pieds", assure Christophe Naudin. "Au-delà, de 41.000 pieds, il risque de décrocher." D'ailleurs, "pour faire exploser l'avion, il fallait le faire descendre et non pas monter".

Lui croit plutôt à l'intrusion de pirates de l'air dans le cockpit, pas forcément experts dans le pilotage d'un Boeing 777. Certes, "la coupure du système de communication Acars est un petit peu plus compliquée [que de couper l'émetteur radio, ndlr], mais je n'exclus pas que des gens aient été formés pour ça. Il suffit que quelqu'un ait un peu de connaissance en aéronautique", affirme le spécialiste, qui préconise plutôt de s'intéresser aux profils des 239 passagers.  Dimanche, les autorités malaisiennes ont ainsi demandé à tous les pays ayant des ressortissants présents sur le vol d'étudier leurs antécédents.

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