Boeing disparu : chronologie d'une communication désastreuse

Boeing disparu : chronologie d'une communication désastreuse

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VOL MH370 - Les proches des 239 passagers du Boeing 777 qui s'est abîmé dans l'océan Indien ont appris lundi la terrible nouvelle via un SMS envoyé par Malaysia Airlines. Un nouveau dérapage pour la compagnie aérienne, critiquée pour sa gestion calamiteuse depuis deux semaines.

"Rendez-nous les nôtres !" Au lendemain de l'annonce du crash du Boeing 777 dans l'océan Indien , quelque 200 Chinois ont manifesté mardi devant l'ambassade de Malaisie à Pékin. Par désespoir, mais aussi de colère après deux semaines marquées par la communication chaotique des autorités malaisiennes et de la compagnie Malaysia Airlines.

Lundi 10 mars
La Chine, inquiète pour ses 153 ressortissants à bord de l'avion, demande à la Malaisie d'intensifier les recherches. Cette dernière va surtout s'emmêler les pinceaux : le ministre malaisien de l'Intérieur assure que les deux passagers qui avaient embarqué avec des passeports volés avaient "des traits asiatiques". Une information ensuite infirmée par le chef de l'aviation civile malaisienne. Dans la foulée, la Malaisie avait annoncé que des bateaux avaient été envoyés pour vérifier la présence d'un possible radeau de sauvetage. En vain.

Mercredi 12 mars
Sous le feu des critiques, les autorités malaisiennes sortent de leur silence. "Il n'y a de confusion que si vous voulez y voir de la confusion", a lancé mercredi le ministre malaisien des Transports à des journalistes qui se faisaient l'écho de critiques de la Chine. Pékin a en effet déploré un flux d'informations "assez chaotique". De même, les réseaux sociaux se sont enflammés après la confirmation par Kuala Lumpur de l'extension des recherches loin du trajet prévu de l'avion. Une nouvelle qui a pu faire penser que des informations étaient cachées par les autorités.

Samedi 15 mars
Il aura fallu attendre plus d'une semaine pour entendre le Premier ministre Najib Razak confirmer que l'avion avait été délibérément détourné de son plan de vol et avait probablement fait cap vers l'ouest alors que les opérations de recherche s'étaient concentrées en mer de Chine méridionale, à l'est. L'enquête nécessite patience et minutie selon le Premier ministre, qui invoque en outre un devoir de prudence dû aux familles des passagers. Une ligne de défense qui ne convainc pas nombre d'observateurs étrangers : selon ces derniers, les explications embrouillées des premiers jours témoignent de l'incompétence générale d'une élite autoritaire peu habituée à répondre de ses actes.

Mercredi 19 mars
Des familles chinoises manifestent leur exaspération et leur désespoir à Kuala Lumpur, se plaignant que les autorités malaisiennes dissimulent des informations. Conséquence : la machine à rumeurs tourne à plein régime. Les pilotes ont-ils posé l'avion en perdition sur une piste improvisée? Ont-ils délibérément volé dans l'ombre d'un autre appareil pour échapper aux radars? Le Boeing a-t-il volé pendant plusieurs heures? A-t-il été frappé par une météorite ? "Toutes ces théories divergentes fleurissent par manque d'information vérifiée" sur ce qui est advenu de l'avion, relève Paul Yap, professeur d'aéronautique à l'école Temasek Polytechnic de Singapour. "Tout ce qui n'est pas démenti est considéré vrai, ce qui rend de nombreuses théories plausibles".

Lundi 24 mars
Le Premier ministre malaisien annonce que le vol MH370 a fini dans le sud de l'océan Indien". "Aucune des personnes à bord n'a survécu", a assuré la compagnie aérienne aux familles des victimes... via un SMS . Un épilogue dont elles se seraient sans doute passées, après deux semaines d'attente et d'incertitude.

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