Boeing Malaysia Airlines : pour les experts, c'est un attentat

Boeing Malaysia Airlines : pour les experts, c'est un attentat

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CRASH – Alors que les recherches se poursuivent pour localiser l'épave du vol MH370 de la Malaysia Airlines, des enquêteurs américains affirment que l'avion aurait pu poursuivre sa route pendant 5 heures après la perte de contact. "Impossible" pour l'expert Christophe Naudin, qui pense que l'appareil a explosé en plein vol, privilégiant la thèse de "l'attentat manqué".

Le mystère qui entoure le sort du vol MH370 et de ses 239 passagers s'épaissit chaque jour un peu plus. Introuvable depuis samedi, le Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines aurait pu continuer à voler pendant près de 5 heures après son dernier contact avec les contrôleurs aériens, selon des enquêteurs américains cités anonymement, jeudi, par le très sérieux quotidien Wall Street Journal . Il avait disparu des écrans de contrôle à 1h30 du matin samedi (18h30 à Paris, vendredi), une heure après avoir décollé de Kuala Lumpur en direction de Pékin, alors qu'il survolait la mer de Chine, entre la côte orientale de la Malaisie et le sud du Vietnam.

Pour avancer cette hypothèse, les enquêteurs se fondent sur le fait que toutes les données de l'avion sont automatiquement transmises par un système informatique baptisé ACARS (Aircraft Communication Addressing and Reporting System) aux contrôleurs au sol, pendant toute la durée de vol. "S'il y a une panne ou un problème technique, la compagnie aérienne est avertie en même temps que les pilotes", explique à metronews Christophe Naudin, spécialiste de la sécurité aérienne. Après ces nouvelles révélations, les autorités malaisiennes ont d'ailleurs rapidement démenti que l'avion ait continué sa route plusieurs heures.

Une hypothèse "farfelue"

Pour Christophe Naudin, cette hypothèse est en effet totalement "farfelue". "Je ne comprends rien à ce genre de déclarations", a-t-il confié à metronews. "S'ils ont ces informations, ils devraient savoir exactement où l'avion est tombé". Or, ce n'est pas le cas (cf encadré). Par ailleurs, si le vol 370 avait continué sa course pendant plusieurs heures, "il serait nécessairement passé dans des zones régulées au radar", poursuit l'expert, qui note qu'à cette vitesse, l'appareil pouvait atteindre les côtes australiennes, entre autres destinations. Et même si on avait intentionnellement coupé les transpondeurs (émetteur-récepteur radio), comme l'écrit le Walt Street Journal, "l'avion aurait continué d'émettre sa position via le satellite. Il aurait donc dû être localisé", martèle-t-il.

A l'image de la CIA et de la DGSE (les services de renseignements américains et français), Christophe Naudin penche plutôt pour la thèse terroriste : "Mes confrères et moi pensons qu'il s'agit d'un attentat raté. L'avion aurait sans doute dû être redirigé vers Kuala Lumpur, mais quelque chose s'est mal passé", lâche-t-il, supposant qu' "il a dû exploser en vol". Cela expliquerait qu'on ne retrouve pas, pour le moment, les débris de l'avion. L'hypothèse de l'attentat semble d'autant plus plausible que "deux Iraniens munis de faux papiers étaient à bord de l'appareil", poursuit l'expert de la sécurité aérienne, allant à l'encontre des déclarations Ronald K. Noble, secrétaire général d'Interpol . Ce dernier a en effet écarté il y a quelques jours la thèse des terroristes iraniens. Pourtant, "il y a les faux-papiers, mais il y a aussi leur trajet : Teheran, Doha, Paquete (Thaïlande, ndlr), Kuala Lumpur, Pekin, Frankfort. Un parcours bien trop cher, et ce n'est pas du tout le trajet classique des émigrants" qui voyagent vers l'Europe, insiste Christophe Naudin. Terroristes embarqués ou pas, il n'y a de toute façon "aucune chance désormais qu'on retrouve les passagers vivants".

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