Boko Haram : l'interview glaçante

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TERRORISME - Un membre du groupe islamiste Boko Haram a répondu aux questions d'une journaliste de CBS. Dans une vidéo glaçante, il explique, visage caché, qu'il est normal de s'en prendre à des enfants et promet qu'un autre enlèvement aura lieu.

Les réponses sont courtes, le ton monocorde, mais ce qui est dit fait froid dans le dos. A Abuja, la capitale du Nigeria, une journaliste de la chaîne américaine CBS News, a rencontré un membre du sinistre groupe islamiste Boko Haram. Dans ce reportage diffusé mardi, Saleh Abubakar, visage couvert par un foulard, prévient sans détour qu'un autre enlèvement va avoir lieu, près de cinq semaines après le rapt de 227 lycéennes dans le nord du pays qui a ému le monde entier .

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"Oui, on le planifie", répond-il ainsi avec flegme lorsque la journaliste lui demande si d'autres enlèvements sont prévus. "Il y a des ennemis parmi les enfants, c'est normal de s'en prendre à eux. On ne peut pas en faire des cas à part", ajoute-t-il.

Un nouvel attentat fait au moins 118 morts

Concernant les lycéennes enlevées, Saleh Abubakar assure qu'il les a vues il y a trois semaines et qu'elles "vont bien". "Elles ne seront pas vendues comme esclaves car elles se sont volontairement converties à l'islam. Rien ne leur arrivera si le gouvernement relâche des combattants du groupe détenus en prison", explique-t-il, avant de refuser de donner des indications sur l'endroit où elles sont retenues.

Cette vidéo ne va pas rassurer un pays terrorisé par Boko Haram. Depuis le rapt des jeunes filles, deux attaques à la voiture piégée ont eu lieu au Nigeria, œuvre du groupe islamiste. Et mardi, un double attentat du même type a coûté la vie à au moins 118 personnes sur un marché de Jos, dans le centre du pays.

Cette "attaque tragique contre la liberté humaine" perpétrée par des hommes "cruels et diaboliques", selon les mots du président Goodluck Jonathan, n'a pas été revendiquée, mais les autorités n'ont que peu de doute sur ses auteurs. Des attaques dans deux villages près de Chibok (nord-est, là où ont été capturées les lycéennes), durant lesquelles 30 personnes ont été tuées, ont en revanche été clairement attribuées au groupe islamiste ce mercredi.

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