Bouteflika brigue un quatrième mandat : comment est-ce possible ?

Bouteflika brigue un quatrième mandat : comment est-ce possible ?

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ALGÉRIE - Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a déposé samedi, malgré ses soucis de santé, sa candidature pour un quatrième mandat à la présidentielle. Une décision qui n'a pas manqué d'être raillée par la presse, dimanche, qui a dénoncé un "candidat par procuration". Amel Boubekeur, chercheur au Brookings Doha Center, explique à metronews comment un nouveau mandat de cet homme de 76 ans est possible.

La Constitution algérienne prévoit-elle une limitation du nombre de mandats pour le président ?
Non. Depuis qu' Abdelaziz Bouteflika l'a faite amender à mains levée, en 2008, en session publique au Parlement, trois mois après avoir augmenté le salaire des députés afin de briguer son troisième mandat.

Bouteflika pourrait-il se représenter jusqu'à la fin de ses jours ou une opposition est-elle possible ?
Il promet implicitement que ce quatrième mandat sera le dernier en réintroduisant un terme fixe dans la Constitution. Les partis d'opposition et la société civile sont de leur côté prisonniers de la posture du boycott des élections sans pouvoir avoir de recours institutionnels à l'intérieur du pays. En effet, les institutions sont à la solde du pouvoir. Toute manifestation est en outre interdite, violemment réprimée, et passible d'amendes et de prison.
Le seul impact pourrait venir de l'étranger, notamment de l'Europe et des Etats-Unis, partenaires de l'Algérie, qui ont un impact direct sur les fortunes des responsables algériens à l'étranger et les marchés partagés.

Bouteflika pourrait-il diriger le pays malgré ses problèmes de santé ou bien va-t-il être un "candidat par procuration" comme l'estiment certains journaux ce dimanche ?
Bouteflika n'a jamais dirigé le pays seul. Même s'il a profondément bouleversé les équilibres au sein de l'armée et des services secrets, ces derniers ont toujours eu leur mot à dire sur les orientations de sa politique et ont su mettre le holà lorsque leurs intérêts étaient menacés. En 2005, l'état de santé de Bouteflika s'est dégradé et il est, depuis cette période, devenu presque absent.
Finalement, sa manière de gouverner par décret présidentiels plutôt qu'en négociation avec le gouvernement et le Parlement est révélatrice du problème de la gouvernance Bouteflika : une façade présidentielle dans un carcan militarisé solidarisés uniquement par un système qui leur permet de ne pas dépendre des Algériens et de ne pas avoir à leur rendre de comptes.

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