Brésil : près de 30 détenus décapités, la guerre des gangs se poursuit dans les prisons

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MASSACRE - Au moins 27 prisonniers sont morts, quasiment tous décapités, samedi 14 janvier lors d’une nouvelle émeute déclenchée dans une prison brésilienne. Depuis le début de l’année, un bilan fait état d'au moins 140 morts dans des massacres entre bandes rivales.

"Vingt-sept morts ont été confirmés", a annoncé dimanche soir Caio Bezerra, un responsable local pour la sécurité publique. Ving-sept... mais le bilan pourrait être rapidement revu à la hausse. Plus tôt dans la soirée, un autre responsable de la police avait avancé un chiffre de 30 prisonniers tués. Ce constat macabre est le résultat d'affrontements entre groupes rivaux de narcotrafiquants qui ont éclaté samedi soir dans une prison de l'Etat brésilien du Rio Grande do Norte. Depuis le début de l'année,  cette guerre de gangs a fait déjà plus de 140 morts.

En pleine soirée, les prisonniers ont commencé par envahir un bâtiment avant de couper le courant et de passer à l’action. Lourdement armés, ils ont pu prendre le temps de s’affronter et de régler leurs comptes durant toute la nuit, la police militaire et les agents pénitentiaires ayant dû attendre le lever du soleil pour intervenir. Les autorités avaient entre temps encerclé la prison pour éviter les évasions.

Les deux principaux gangs du pays s'affrontent pour le trafic de cocaïne

Au cours de ces affrontements, neuf blessés dans la bataille ont dû être hospitalisés. Si au début la police avait fait état de trois corps décapités, il semblerait que la totalité des victimes l'aient été.  Par ailleurs, certains corps auraient été brûlés.

La police a identifié les six prisonniers qui ont dirigé ces violences. Ils pourraient être transférés dans d'autres centres de détention, a-t-on ajouté. Selon le site internet d'information G1, c'est le gang Primeiro Comando da Capital (Premier commando de la capitale, PCC), qui a déclenché l'émeute. La violence qui explose depuis le début de l'année dans les prisons brésiliennes a révélé au public la guerre de territoire que se livrent le PCC, basé à Sao Paulo et le Comando Vermelho (Commando rouge), basé à Rio de Janeiro notamment pour trafic de cocaïne.

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Pendant plus de 20 ans, le PCC et le Comando Vermelho se sont plus ou moins alliés pour que le trafic d'armes et de drogue puisse se poursuivre sans heurts dans la jungle. Mais, il y a environ six mois, les deux groupes se sont séparés, le PCC prenant le dessus pour contrôler les flux en provenance du Paraguay.

Dans la nuit du 1er au 2 janvier, 56 prisonniers avaient été assassinés dans un établissement de Manaus, au nord du Brésil. 31 autres étaient massacrés cinq jours plus tard dans l’Etat de Roraima. Le 8 janvier, quatre nouvelles victimes ont été retrouvées, encore à Manaus.

Le taux d’occupation des prisons brésiliennes est de 167% par rapport à leur capacité officielle, rapporte le ministère brésilien de la Justice.

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