Brésil : Dilma Rousseff plus proche que jamais de la sortie

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La chute de Dilma Rousseff

JUSTICE - Le Sénat brésilien a ouvert jeudi le procès en destitution de Dilma Rousseff. Sauf surprise de dernière minute, la présidente qui doit être entendue ce lundi devrait perdre son siège. Comment l'ex-guérilléra en est-elle arrivée là ? Réponse en cinq temps forts.

"J'ai lutté toute ma vie : contre la torture, contre un cancer... et je vais me battre maintenant contre toute injustice". Trente ans après la fin de la dictature au Brésil, Dilma Rousseff semble prête à reprendre le combat. L’ancienne guérilléra devenue présidente est de retour sur le banc des accusés ce lundi : le Sénat brésilien poursuit son jugement en destitution, avant un verdict prévu pour le 31 août. Le dernier acte d’une lente chute pour la première femme à la tête du Brésil.


► Les premières manifestations

Elue en 2010 à la présidence du pays, Dilma Rousseff rempile en octobre 2014. Cinq mois plus tard, les choses se compliquent : l'opposition de droite convoque plusieurs manifestations pour demander son départ ou protester contre la corruption, à laquelle est associée le Parti des Travailleurs (PT, gauche), la formation de la présidente et de son mentor Lula.


► L’économie en berne

A partir de l’été 2015, les comptes du Brésil passent dans le rouge : la plus grande économie d’Amérique latine entre en récession, avec un cocktail qui combine hausse de l'inflation et chômage ainsi qu’une profonde détérioration des comptes publics. L'activité se contracte de 3,8% en 2015, la crise éclate et finit par affecter Dilma Rousseff, qui affiche alors des taux d'impopularité record.


"Parrain politique"

► La crise s’aggrave

Fin mars 2016, la crise redouble d'intensité lorsque la direction du PMDB, le grand parti centriste et pilier de la coalition gouvernementale, claque la porte. Cette décision entraîne une réaction en chaîne : d'autres alliés politiques plus petits quittent le navire. Et l’avenir de Dilma Rousseff, seule à bord, s’assombrit plus que jamais.


► Lula, l’épine dans le pied de Rousseff ?

Le 4 mars 2016, l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), fondateur du PT au pouvoir et "parrain politique" de Dilma Rousseff, est réveillé par la police. S’ensuit une interpellation et un interrogatoire. En cause : l'enquête sur le scandale de corruption entourant le géant public pétrolier Petrobras. Dilma Rousseff décide alors de voler au secours de son mentor en le nommant le 16 mars 2016 chef de cabinet (quasi Premier ministre) pour lui éviter la case justice. Sauf que, le soir-même, le juge Sergio Moro divulgue l'enregistrement d'une conversation téléphonique entre la présidente et Lula suggérant que la nomination de ce dernier a pour objectif de le protéger d'une possible mise en détention. Une "petite bombe"qui déstabilise la présidente dont le siège ne tient plus qu’à un fil.


► Sur le fil

Si elle n'est visée par aucune accusation de corruption, Dilma Rousseff vacille de plus en plus : en avril, les députés approuvent à une écrasante majorité la procédure pour une destitution et son renvoi au Sénat. Puis le 12 mai, la présidente est temporairement écartée du pouvoir par un vote historique du Sénat avant son procès en destitution. Ce dernier s’est donc ouvert jeudi. L’audition de Dilma Rousseff, elle, est prévue lundi. L'ex-guérilléra a d'ores et déjà annoncé qu'elle se défendrait seule.

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