Brésil : l'ex-président Lula bientôt libre, un an après son incarcération ?

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Jair Bolsonaro et l'extrême-droite s'installent à la tête du Brésil

CORRUPTION - La justice pourrait libérer l'ancien président Lula de prison, seulement un an et demi après son incarcération pour corruption passive et blanchiment d’argent dans l’affaire dite "du site d’Atibaia". La raison ? Un arrêt rendu par la Cour suprême pourrait rendre effective la libération de 5000 détenus.

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva bientôt libéré ? L'ancien président brésilien pourrait sortir prochainement de prison à la faveur d'un arrêt rendu jeudi soir par la Cour suprême. Les magistrats de la plus haute juridiction du Brésil ont mis fin à une jurisprudence selon laquelle une personne peut être emprisonnée avant l'épuisement de tous ses recours si sa condamnation a été confirmée en appel, considérant qu'elle était inconstitutionnelle. 

La décision des 11 juges de la Cour suprême était très attendue et a été obtenue, après de longs débats, sur un score serré de 6 à 5 voix, et pourrait impliquer la libération de près de 5000 autres détenus. Ces libérations ne sont pas automatiques, chaque juge d'application des peines étant tenu d'appliquer la décision de la Cour suprême au cas par cas.

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Un "combat de la corruption"

Lula, qui purge une peine de 8 ans et 10 mois de réclusion pour corruption, a été incarcéré en avril 2018, peu après sa condamnation en appel, même s'il dispose encore de recours devant des tribunaux supérieurs. Immédiatement après le rendu de la décision, les avocats de la figure historique de la gauche brésilienne ont annoncé qu'ils allaient demander la libération de "l'ancien président emprisonné de manière injuste depuis 579  jours". Parmi les détenus qui pourraient être également élargis prochainement figurent des dizaines de personnes condamnées comme l'ex-président âgé de 74 ans dans le cadre de l'enquête anticorruption "Lavage Express".

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Quand Jean-Luc Mélenchon évoque le cas Lula

Les procureurs chargés de cette enquête ont immédiatement affirmé dans un communiqué que la décision de la Cour suprême allait à l'encontre "du sentiment de rejet de l'impunité" et de l'importance "du combat de la corruption, qui sont des priorités de notre pays". Lula a été accusé d'avoir bénéficié d'un triplex dans une station balnéaire proche de Sao Paulo en échange de l'octroi de contrats à une compagnie du BTP. Depuis sa cellule de la Police fédérale à Curitiba, il n'a cessé de clamer son innocence, se disant victime d'un complot pour l'empêcher de revenir au pouvoir.

Le clivage persiste

Le juge Gilmar Mendes, un des six magistrats de la Cour suprême qui ont considéré que l'incarcération devait attendre l'épuisement de tous les recours, a affirmé jeudi lors de son vote que le cas Lula avait "contaminé les débats" en raison de la forte "polarisation" de la société brésilienne sur le sort de l'ex-président. Gleisi Hoffmann, présidente du Parti des Travailleurs (PT), fondé par Lula en 1980, a célébré la décision de la Cour suprême sur Twitter, considérant qu'elle avait "renforcé la démocratie et la Constitution, menacées par le gouvernement d'extrême droite" du président Jair Bolsonaro. Durant la campagne électorale, Jair Bolsonaro n'avait pas caché son souhait de voir l'ex-président de gauche, sa bête noire, "pourrir en prison".

Lula était le grand favori des intentions de vote pour la présidentielle d’octobre 2018, avant d’être déclaré inéligible quelques semaines avant le scrutin, laissant la voie libre au candidat de l’extrême droite de Jair Bolsonaro. Dans son blog, Jean-Luc Mélenchon (LFI) dénonçait "le cas le plus célèbre dans le monde de 'Lawfare', cette méthode d’instrumentalisation de la justice pour éliminer un adversaire politique".

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