Brésil : le Sénat vote en faveur de la destitution de Dilma Rousseff

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ÉVICTION - Le Sénat brésilien a voté en faveur d'un procès en destitution de la présidente Dilma Rousseff. Une simple formalité qui permet à l'opposition de reprendre la main sur la politique brésilienne.

Après avoir mis entre parenthèses la politique, le temps d'ouvrir les JO, le Brésil revient à ses affaires internes avec la destitution de Dilma Rousseff. Dans la nuit de mardi à mercredi, le Sénat brésilien a voté pour la dernière fois en faveur d'un procès en destitution. Et ce qui s'apparente à une simple formalité pourrait bien achever de mettre la présidente hors-jeu dès la fin août.

En séance plénière, les sénateurs brésiliens ont voté à 59 voix contre 21 pour acter la mort politique de Dilma Rousseff. Elle qui est déjà suspendue de ses fonctions depuis le 12 mai, remplacée alors par son ancien vice-président devenu son rival, Michel Temer, 75 ans, qui assure depuis l'intérim à la tête de l'Etat.

Fin de règne

"La présidente est toujours plus isolée. Un isolement très grand qui s'est aggravé ces dernières semaines, et qui concerne même son propre parti", a déclaré le sénateur Aloysio Nunes, du parti social-démocrate de Michel Temer, le PSDB (droite). En cas de destitution définitive de la présidente, autour du 25 août prochain, ce sera la fin de plus de treize ans au pouvoir pour le Parti des Travailleurs (PT, gauche). Michel Temer remplacera alors Dilma Rousseff jusqu'à la fin de son mandat, fin 2018.

Ce serait le deuxième chef de l'Etat brésilien à être écarté du pouvoir, après Fernando Collor, en 1992. Ce dernier démissionna trois mois après l'ouverture d'une procédure de destitution pour corruption, alors que le Sénat s'apprêtait à le déclarer coupable.

Procès politique

Dilma Rousseff conteste formellement avoir commis un quelconque "crime de responsabilité" et dénonce un coup d'Etat institutionnel ourdi par Temer et la droite brésilienne. Sur le plan strictement juridique, le parquet brésilien lui a donné partiellement raison en estimant que les tours de passe-passe budgétaires qui lui sont reprochés n'étaient pas constitutifs de crimes.

L'accusation de maquillage de comptes publics, déjà fragile, ne reposerait plus que sur la signature de quelques décrets litigieux. Dans les faits, il s'agit aussi et avant tout d'un procès politique intenté à une présidente fragilisée depuis l'éclatement de sa majorité parlementaire au plus fort de la crise politique brésilienne au printemps dernier.

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