Brésil : Lula réclame des élections anticipées et pourrait s’imposer comme un recours

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PRÉSIDENTIELLE - L’ancien président brésilien, donné favori pour le scrutin de 2018, demande des élections anticipées. Malgré son implication dans le scandale de corruption Petrobras, Lula pourrait reprendre la tête du pays.

"Ce pays est mal gouverné. Ce pays n'a pas besoin de quelqu'un qui occupe le poste indûment, de quelqu'un qui n'est pas populaire", a clamé ce lundi Luiz Inacio Lula da Silva lors d’une conférence à Brasilia. Une pique à l’encontre du libéral Michel Temer, à la tête du Brésil depuis la destitution de Dilma Roussef et tout aussi impopulaire que l'ancienne présidente.

 

Alors que le pays est aujourd’hui en pleine récession, l’ancien président de gauche, au pouvoir de 2003 à 2010, réclame des "élections directes, sans attendre 2018" mettant en avant que "la faim n’attend pas et le chômage n’attend pas". Des élections sont pour le moment prévues en octobre de l’année prochaine.

Le favori des sondages empêtré dans une affaire de corruption

A 71 ans, l'ancien président est aujourd'hui en tête des sondages, avec 30.5% d'intentions de vote selon un sondage réalisé en février dernier (institut MDA). Et pourtant, Luiz Inacio Lula da Silva est visé par plusieurs enquêtes dans le cadre de l'affaire Petrobras. On lui reproche d’avoir participé à la mise en place d’un système de corruption reliant des dirigeants politiques de gauche comme de droite, du groupe public pétrolier Petrobras et des dirigeants du secteur du bâtiment et des travaux publics. Notamment d'avoir tenté d'acheter le silence de Nestor Cervero, ancien directeur des opérations internationales de Petrobras, qui a depuis noué un accord avec la justice en échange d'une remise de peine. Cette vaste affaire a été mise à jour par l'opération policière appelée "Lava Jato", "Lavage Express" en français. Lula est cité à comparaitre devant l'un des juges de cette enquête le 3 mai prochain.

La probité de l'actuel président mise en cause

Ce "lavage express" avait conduit à la destitution de sa dauphine, Dilma Roussef, en 2016. L'ancienne présidente accusée d'avoir maquillé des comptes publics a été démise de ses fonctions et remplacée par son ancien vice-président Michel Temer. Mais le conservateur est très impopulaire, notamment à cause de la situation économique du pays : le taux de chômage a bondi est est aujourdhui supérieur à 13%. Mais pas que. Michel Temer est lui aussi accusé d'avoir participé au scandale Petrobras. Il y a une quinzaine de jours, un ancien cadre de l'entreprise de BTP Odebrecht a affirmé avoir payé un pot-de-vin de 40 millions de dollars au PMDB, le parti du président, en échange d'un contrat avec l'entreprise d'Etat Petrobras. Des accusations aussitôt réfutées par l'accusé.

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