Brésil : qui est Hamilton Mourao, le nouveau vice-président, tout aussi inquiétant que Bolsonaro ?

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BOLSONARO BIS – Si la presse n’a pas manqué de relayer les déclarations polémiques de Jair Bolsonaro durant sa campagne, celles du nouveau vice-président brésilien, Hamilton Mourao, n’ont rien à lui envier.

Naturellement, Jair Bolsonaro ne dirigera pas seul. Élu dimanche soir président du Brésil, il arrive au pouvoir entouré d’une cohorte de généraux au profil tout aussi inquiétant que lui. Parmi eux, son colistier, le général Hamilton Mourao, devenu dès dimanche soir vice-président du Brésil.


Comme Jair Bolsonaro, ce militaire de 65 ans est coutumier des déclarations polémiques. Durant la campagne, il a notamment affirmé que le Brésil était plombé par un héritage issu de "l'indolence des Indiens et de la roublardise des Noirs". Il avait également jugé que les familles monoparentales sans figure paternelle étaient des "fabriques à individus non intégrés qui ont tendance à grossir les rangs des narcotrafiquants".

Des propos jugés si déplacés que Jair Bolsonaro lui-même a cru bon de rappeler à l’ordre son colistier. Mais ce qui a surtout causé du tort au candidat victorieux est un entretien, fin septembre, dans lequel Hamilton Mourao a suggéré de supprimer le 13e mois des salariés. Immédiatement, Jair Bolsonaro a dû contredire son colistier et a indiqué s’il s’agissait là d’une "offense" pour les travailleurs.

Par le passé, Hamilton Mourao avait déjà montré ses talents de provocateurs, en expliquant notamment que le Brésil aurait sans doute besoin d'une nouvelle Constitution mais "pas forcément élaborée par des représentants du peuple". Une position peu surprenante de la part de ce grand admirateur de la dictature militaire, qui a sévi entre 1964 et 1985. D’ailleurs, selon lui, le colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, ancien chef des services de renseignement et tortionnaire notoire, est avant tout un "héros".

Mourao, un choix par défaut

Jair Bolsonaro se serait bien passé d’un vice-président aussi (voire plus) sulfureux que lui. Initialement, il avait proposé un ticket à un autre général, autrement plus consensuel, Augusto Heleno Ribeiro Pereira. Celui-ci a notamment été commandant en chef des forces de la mission de l'ONU en Haïti en 2004 et 2005. Mais son parti a refusé, ce qui l’a conduit à se rabattre sur Hamilton Mourao.


En plus d’un franc-parler des plus décomplexés, ce dernier semble aussi ne pas toujours s’embarrasser avec les faits. Sans aucune preuve, il avait affirmé que l'homme qui avait poignardé Jair Bolsonaro était un membre du PT, le Parti des travailleurs de Fernando Haddad. Une allégation totalement démentie par la police puisque l’individu en question n’était pas du tout lié au parti fondé par l'ex-président Lula. 

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