Brésil : qui est Jair Bolsonaro, ce nostalgique de la dictature poignardé en pleine campagne présidentielle ?

Brésil : qui est Jair Bolsonaro, ce nostalgique de la dictature poignardé en pleine campagne présidentielle ?

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INTERNATIONAL - Le député d'extrême droite brésilien Jair Bolsonaro a été grièvement blessé jeudi lors d'une attaque à l'arme blanche durant sa campagne pour la présidentielle. Portrait d'un homme qui exacerbe les tensions, à un mois d'une élection où il est donné favori pour le premier tour.

Un bain de foule, des sourires, et soudain le drame. Jair Bolsonaro, un député d'extrême droite en lice pour la présidentielle au Brésil, a été poignardé jeudi durant sa campagne. Un événement qui intervient dans un contexte de haine suscitée par ce nostalgique de la dictature brésilienne, néanmoins très populaire dans ce pays où il est donné en tête des intentions de vote au premier tour. 


Celui qu'on surnomme le Donald Trump brésilien s'est au fil des ans construit l'image d'un personnage sulfureux à Rio. C'est là que cet homme a fait l'essentiel de sa carrière, après une enfance à Sao Paulo au sein d'une famille d'origine italienne. Après un mandat de conseiller municipal en 1988, il a obtenu son premier mandat de député fédéral trois ans plus tard. Un mandat d'avantage marqué par ses dérapages dans l'hémicycle que par les projets de loi qu'il a fait approuver : seulement deux en 27 ans.

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Brésil : le candidat à la présidentielle Jair Bolsonaro poignardé

"Ce sont les Noirs eux-mêmes qui livraient les esclaves"

La ligne politique de Jair Bolsonaro est floue, en témoignent ses nombreux changements d'étiquette au fil des années. En matière économique, son programme est tout aussi nébuleux. Il faut dire que cet ancien capitaine de l'armée est surtout connu pour ses dérapages : en 2014, il avait fait scandale en prenant violemment à partie la parlementaire de gauche Maria do Rosario, lui lançant qu'elle "ne méritait pas" qu'il la viole car elle était "très laide". Deux ans plus tard, il a fait l'éloge d'un tortionnaire de la dictature militaire (1964-1985). Jair Bolsonaro a également multiplié les déclarations homophobes : dans un entretien au magazine Playboy en 2011, il a affirmé qu'il préférerait que son fils "meure dans un accident" plutôt que de le savoir homosexuel.


Depuis le début de la campagne, Jair Bolsonaro perpétue ce style tonitruant. Lors d'un long entretien à l'émission Roda Viva, sur la chaîne publique TV Cultura, il a notamment a annoncé son intention de réduire les quotas raciaux dans les universités, considérant que le pays "n'a pas de dette" envers les Noirs. "De quelle dette historique parlez-vous? Je n'ai réduit personne en esclavage (...). Les Noirs ne sont pas meilleurs que moi et je ne suis pas meilleur qu'eux", a-t-il affirmé. Il s'est même permis une relecture de l'Histoire : "les Portugais n'ont même pas mis le pied en Afrique, ce sont les Noirs eux-mêmes qui livraient les esclaves".

Un tabac chez les jeunes

Le candidat d'extrême droite a également affiché à nouveau sa nostalgie des années de plomb, affirmant qu'il n'y avait "pas eu de coup d'Etat militaire en 1964". "Un coup d'Etat, c'est quand on met un coup de pied dans la porte pour retirer le président (du pouvoir). Mais c'est le Parlement qui a déclaré le poste de président vacant. C'était la règle en vigueur", a-t-il affirmé. Très critiqué par le passé pour avoir fait l'éloge d'un colonel tortionnaire notoire, il expliqué dans la même émission que "certains se disaient victimes de torture pour obtenir des indemnisations, des votes, de la pitié ou du pouvoir".


Si ces propos sont radicaux, force est de constater qu'ils trouvent un écho favorable au sein d'une grande partie de l'électorat. Bolsonaro arrive largement en tête des intentions de vote du premier tour de la présidentielle (22%). Il fait notamment un tabac chez les jeunes (26%) et les classes les plus aisées (34%), tout en flirtant avec les évangéliques, avec notamment un discours farouchement anti-avortement. Le candidat du petit Parti social libéral (PSL) serait toutefois battu par la quasi totalité de ses adversaires au second tour.

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