Brésil : qui est Michel Temer, le nouveau président tout aussi mal-aimé que Dilma Rousseff ?

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La chute de Dilma Rousseff

BRESIL – Le libéral Michel Temer, jusqu'ici vice-président, a pris la tête du pays après le vote du Sénat qui a écarté Dilma Rousseff du pouvoir. Un aboutissement pour ce politicien discret qui a longtemps attendu son heure, mais qui reste tout aussi impopulaire que celle à qui il succède.

De l'ombre à la lumière. Longtemps méconnu des Brésiliens malgré sa solide carrière politique, le vice-président Michel Temer a pris la succession de Dilma Roussef à la tête du géant sud-américain, l'impopulaire dirigeante de gauche, accusée de maquillage des comptes publics, ayant vu son mandat présidentiel suspendu jeudi par un vote du Sénat. Dans son discours à la Nation, il a tenu un discours d'apaisement face à un Brésil en crise, demandant aux habitants de lui faire "confiance". Mais la lui accorderont-ils ?

A 75 ans, le président du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) s'était clairement positionné en embuscade depuis le début de l'affaire qui a causé la procédure de destitution de Dilma Rousseff. Ce discret avocat spécialiste des questions de constitutionnalité, sans grand charisme, s'est toujours défendu d'être un putschiste tentant par tous les moyens de prendre la place de la présidente brésilienne. Mais cette dernière a accusé son ex-allié de l'avoir "trahie" en poussant sa formation à lui retirer son soutien fin mars.

Une orientation libérale

En réalité, le divorce entre les deux personnages au sommet de l'Etat brésilien semble consommé depuis décembre, au moment où l'effacé vice-président avait adressé à la chef de l'Etat une "lettre personnelle" laissant transparaître toute sa rancœur à l'égard de la gestion des affaires par Dilma Rousseff. Michel Temer y reprochait notamment à la présidente de l'avoir toujours méprisé et traité en "vice-président décoratif". C'en était fini, écrivait-il alors. Michel Temer promettait en effet de ne plus lever le petit doigt pour elle.

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Quelques semaines plus tard, il enfonçait le clou avec une esquisse de programme intitulé "Un pont vers l'avenir", dans lequel il critiquait les excès de la politique économique dépensière du Parti des travailleurs. Dans ce programme, Michel Temer développait son orientation libérale, insistant sur la rigueur budgétaire et sur une réforme fiscale. Loin des paroles d'apaisement de son discours à la Nation jeudi.

Un apaisement qui sera très difficile à trouver tant la classe politique brésilienne et la société dans son ensemble apparaissent aujourd'hui divisées. Plusieurs observateurs estiment même qu'à l'image de Dilma Roussef, Michel Temer devrait connaître de grandes difficultés à gouverner. Et son manque de notoriété et de charisme ne devraient pas l'aider. D'autant que le septuagénaire n'est pas à l'abri du scandale de corruption Petrobras qui mine le gouvernement de Dilma Rousseff. Celui qui a présidé par trois fois la chambre des députés brésilienne n'est crédité au plus que de à 2% des suffrages, selon un récent sondage anticipant les résultats d'une élection présidentielle. Et environ 61% des Brésiliens souhaiteraient aujourd'hui son départ et des élections anticipées, non prévues par la Constitution.

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