Brexit : 22 mai ou 12 avril, l'UE propose deux portes de sortie au Royaume-Uni

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SURSIS - Le Conseil européen a octroyé un délai supplémentaire à Theresa May pour convaincre ses parlementaires de voter le dernier accord encadrant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. En cas d'échec, elle aura jusqu'au 12 avril pour décider ou non de sa participation aux élections européennes.

La date du Brexit s'est-elle décidée, jeudi 21 mars, au sommet européen de Bruxelles, où la Première ministre britannique Theresa May était venue quémander aux dirigeants européens un nouveau délai pour le Brexit. Venue chercher un report au 30 juin, elle devra s'accommoder de la date du 22 mai, a confié Emmanuel Macron jeudi.

Les élections européennes en date butoir

Au micro de LCI, le président de la République a indiqué : "Nous allons lui octroyer un délai jusqu'au 22 mai. Ce n'était pas le délai qu'elle voulait, ça a été le fruit de longues discussions. Pourquoi le 22 mai ? Parce que c'est la date limite avant les élections européennes (du 23 au 26 mai, ndlr) et que nous ne voulons pas qu'elles soient entachées de quelque risque juridique que ce soit." Une date qui semblait d'ailleurs trop tardive aux yeux du président français, qui plaidait plutôt, pour des questions de délai vis-à-vis des élections européennes, pour le 7 mai, rapporte l'AFP.


"Il faut essayer au maximum de créer des situations pour que les Britanniques aient un vote en faveur de cet accord, avait d'abord exposé le chef de l'Etat. C'est un jeu tactique qui, dans les prochains jours, va se mettre en place pour essayer d'aider Theresa May à mettre la pression et pour, au sein des jeux politiques britanniques, obtenir un accord." 

May accepte les deux "scénarios"

La dirigeante britannique, au cœur d'une terrible tempête politique depuis des semaines, voulait avoir jusqu'au 30 juin pour convaincre les élus de la Chambre des communes, hostiles à ses solutions pro-Brexit aussi bien du côté des travaillistes que de la frange "hard brexit" du parti conservateur. D'après les conclusions des consultations, auxquelles l'AFP a eu accès, le Conseil européen s'est engagé à accepter la date du 22 mai, à la condition "que l'accord de retrait soit approuvé par la Chambre des Communes la semaine prochaine".


Dans la foulée de cette annonce, la Première ministre britannique a déclaré qu'elle acceptait les deux "scénarios" du report du Brexit. "J'ai rencontré la Première ministre May à plusieurs reprises ce soir pour être sûr que le Royaume-Uni accepte les scénarios d'une extension et je suis ravi de confirmer que nous avons un accord là-dessus", a déclaré Donald Tusk.


"La décision d'aujourd'hui souligne l'importance pour la Chambre des communes de voter l'accord sur le Brexit la semaine prochaine, pour que l'on puisse mettre un terme à l'incertitude et partir d'une façon souple et ordonnée", a conclu Theresa May lors d'une conférence de presse.

Nouveau vote sur l'accord lundi ou mardi

En cas de nouveau rejet, Londres aura jusqu'au 12 avril pour décider d'organiser des élections européennes. Ce qui lui permettrait alors de demander un nouveau report dont la durée n'a pas été fixée. "Si vous décidez de ne pas organiser des élections, vous ne pourrez plus être là au-delà des élections européennes quoiqu'il advienne", a résumé Emmanuel Macron à la sortie de la réunion.


Le risque de ce vote est donc qu'un rejet d'accord par le parlement britannique entraînerait une situation difficilement soutenable pour les britanniques. Ayant votés pour la sortie de l'UE mais contraints à participer aux élection, même pour se retirer quelques mois plus tard de l'Union. Theresa May a d'ailleurs réaffirmée jeudi soir sa réticence à participer au scrutin européen, se disant "fortement défavorable à l'idée de demander aux Britanniques de participer à ces élections, trois ans après avoir voté pour quitter l'UE".


Theresa May, exposée à une pétition la conjurant de renoncer au Brexit qui a déjà dépassé les deux millions de signatures, sait déjà ne pas pouvoir compter sur les travaillistes. Depuis Bruxelles, le leader de l'opposition Jeremy Corbyn a répété jeudi 21 mars ne pas estimer "que c'est la bonne voie", cherchant "une alternative qui puisse rassembler une majorité au parlement". Theresa May n'a pas évoqué de date pour un nouveau vote. Selon Jeremy Corbyn, venu à Bruxelles jeudi, il pourrait avoir lieu lundi ou mardi. Mais il a exclu de se ranger derrière l'accord de Mme May.


Pour le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, "le 12 avril, nous devons savoir où nous en sommes. Si nous n'avons pas de réponse d'ici là, nous aurons un "no deal"".

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