Brexit : à dix jours de la date fatidique, les députés britanniques rejettent quatre alternatives à l'accord de sortie

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Brexit : goodbye United Kingdom

IMPASSE - Les députés britanniques ont voté ce lundi soir contre les quatre options alternatives à l'accord de Brexit conclu par la Première ministre Theresa May avec Bruxelles.

 Les députés britanniques vont-ils faire en sorte que la Grande-Bretagne sorte de l'Union européenne sans accord ? Après avoir rejeté trois fois déjà l'accord de Theresa May, avoir voté la semaine dernière contre huit propositions parlementaires pour tenter de sortir de l'impasse, les élus ont rejeté quatre nouvelles options, d'initiative parlementaire, qui leur étaient présentées. 

Le Royaume-Uni se retrouve donc, une fois encore, dans un cul-de-sac. De quoi plonger certains observateurs, dont le référent Brexit du parlement européen Guy Verhofstadt, dans le désarroi : "Un Brexit dur devient désormais presque inévitable", s'est-il lamenté, avant d'ouvrir une ultime porte : "Mercredi, c'est la dernière chance pour le Royaume-Uni de sortir de l'impasse ou faire face à l'abyme", a déclaré l'eurodéputé belge libéral, 

Un référendum, une union douanière et le modèle Norvégien rejetés

Que contenaient les propositions une fois encore rejetées ? Parmi les solutions proposées figuraient les deux qui ont recueilli le plus de suffrages mercredi 27 mars dernier, à savoir l'organisation d'un référendum sur tout accord de divorce conclu avec Bruxelles et la mise en place d'une union douanière avec l'UE. Une troisième option proposait d'arrêter le processus de Brexit en cas d'absence d'accord à deux jours de la date de sortie, qui a été reportée au 12 avril.

Enfin, la proposition d'un modèle "Norvège +", également connue sous le nom de "Common Market 2.0", préconisait le maintien du Royaume-Uni au sein du marché unique, synonyme de liberté de circulation des biens, capitaux, services et personnes, comme la Norvège, ainsi qu'une union douanière spécifique avec l'UE, soit une politique de droits de douane et commerciale commune.

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Les dirigeants européens s'agacent ...

Face au mur opposé par les députés britanniques, le légendaire flegme national laisse peu à peu la place au dépit. La Chambre des Communes "a une nouvelle fois échoué à trouver une majorité claire pour chacune des options" présentées, s'est désolé le secrétaire d'Etat au Brexit Stephen Barclay. "La position légale par défaut est que le Royaume-Uni va quitter l'UE dans onze jours" sans accord, a-t-il ajouté.

L'auteur de la proposition "Norvège +", le conservateur Nick Boles a, de son côté, immédiatement annoncé qu'il quittait le Parti conservateur. "J'ai tout donné pour tenter de trouver un compromis qui pourrait mener le pays hors de l'UE tout en maintenant notre puissance économique et notre cohésion politique", a-t-il dit, visiblement très ému. "J'accepte l'idée d'avoir échoué. J'ai échoué surtout parce que mon parti refuse le compromis", a-t-il accusé. 

De son côté, Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, principale formation d'opposition, a qualifié de "décevant" le fait qu'aucune proposition n'ait dégagé de majorité. Mais il a souligné que l'accord de Theresa May avait été rejeté par des marges plus grandes et réclamé qu'une troisième série de "votes indicatifs" puisse se tenir, ce qui pourrait être le cas mercredi. "Le problème est toujours qu'il n'y a pas de majorité pour un Brexit dirigé par les conservateurs, ni de majorité pour un Brexit dirigé par les travaillistes", a souligné Simon Hix, professeur de sciences politiques à la London School of Economics. "Soit il doit y avoir un accord entre plusieurs parties, soit nous partons sans accord". 

Theresa May n'a de son côté pas exclu de présenter une quatrième fois au vote son accord de divorce. Du côté des dirigeants européens, on s'agace quelque peu de cette énième camouflet. Dans la matinée, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker avait prévenu que la patience des dirigeants européens était en train de "s'épuiser".

Quelles suites ?

Avec tous ces échecs consécutifs, la Première ministre Theresa May doit formuler un nouveau plan d'ici au sommet européen exceptionnel convoqué le 10 avril prochain, si elle souhaite éviter au Royaume-Uni une sortie de l'UE sans accord au soir du 12. Elle n'a pas renoncé à présenter une quatrième fois son accord de divorce aux députés. 

Vendredi 30 mars, elle avait rappelé que l'option "par défaut" était celle d'un Brexit sans accord ("no deal") le 12 avril, redouté par les milieux économiques. Après l'ajournement du Brexit, initialement prévu pour le 29 mars, la solution alternative consiste à demander un nouveau report, de plus longue durée, mais celui-ci devrait être justifié et obligerait le Royaume-Uni à organiser des élections européennes fin mai.

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