Brexit : à un mois du scrutin, où en est-on ?

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UNION EUROPEENNE - Un mois avant le scrutin qui statuera sur la sortie ou non de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, la plupart des sondages écartent la première option. Le fruit d'une intense campagne menée par le camp du "remain". On fait le point.

L'acharnement des opposants au Brexit semble se révéler payant. Un mois jour pour jour avant le référendum du 23 juin, la multiplication des rapports alarmistes et les déclarations tonitruantes des protagonistes écartent peu à peu l'hypothèse d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Selon le site "What UK Thinks", qui fait la moyenne des six derniers sondages réalisés auprès des électeurs, le camp du "remain" (rester dans l'UE) l'emporterait désormais à 55% contre 45%. Les bookmakers aussi misent sur la poursuite de l'aventure européenne. La maison William Hill calculait cette probabilité à 86% samedi.

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Un "risque important pour l'économie mondiale"

Il faut dire que les partisans du "remain" n'y sont pas allés de main morte. Principal avocat d'un maintien dans l'UE, le Premier ministre David Cameron a brandi le risque d'une troisième guerre mondiale et assuré qu'un Brexit ferait plaisir aux djihadistes de l'État islamique. Même le président américain Barack Obama s'est investi, déclarant en avril dernier : "L’Union européenne ne réduit pas le pouvoir du Royaume-Uni, elle le magnifie".

De nombreuses institutions internationales y sont également allées de leurs prévisions : la Banque d'Angleterre évoque la possibilité d'une "récession technique". Le FMI prévient d'un "risque important pour l'économie mondiale". Les grands argentiers du G7 craignent un "choc". Dernière en date, celle du Trésor britannique qui, ce lundi, a averti qu'une récession pourrait s'abattre sur le pays. Les experts ont même sorti leur calculette, estimant qu'une sortie coûterait entre 520.000 et 820.000 emplois à l'économie britannique et pourrait provoquer une chute de la valeur de la livre sterling comprise entre 12% et 15%.

Les experts en opinion publique appellent cependant à la prudence. Les indécis restent nombreux et le taux de participation sera déterminant. D'autant que les plus enclins à voter pour un maintien dans l'UE, comme les jeunes ou les minorités ethniques, sont aussi les moins susceptibles de se déplacer aux urnes le jour de la consultation. Les enjeux du référendum sont pourtant colossaux : au-delà des répercussions sur l'UE, l'économie et les relations internationales, un Brexit pourrait encourager les velléités d'indépendance de l'Écosse, pro-européenne, et conduire à la démission de David Cameron, en poste depuis 2010. Rien que ca.

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