Brexit : comprendre ce qu'il peut se passer d'ici le 31 octobre

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Brexit : goodbye United Kingdom

POLITIQUE - Theresa May revient jeudi devant les députés britanniques pour leur expliquer ce qu'elle compte faire du temps imparti par l'UE, qui a accepté la veille de repousser le Brexit jusqu'au 31 octobre. Voici les scénarios qui se profilent.

Et maintenant ? Le Brexit a connu mercredi un énième rebondissement, les dirigeants européens et Theresa May acceptant de repousser la date fatidique – prévue le 12 avril - au 31 octobre 2019. L'UE et le Royaume-Uni ont désormais quelques mois pour éviter un divorce sans accord. 

Le report peut néanmoins être raccourci si les députés britanniques venaient à voter l'accord de retrait de la Première ministre. Il n'empêche : au-delà de ce postulat de base, plusieurs scenarios sont (une nouvelle fois) sur la table. Trois, pour être précis. Enfin presque. Explications. 

Une sortie avec accord le 1er juin pour éviter de participer aux élections européennes

Theresa May a été jusqu'ici incapable de faire adopter par les députés son accord de divorce. Cet accord comprend un Traité de retrait, qui règle le divorce, et une Déclaration politique sur la future relation entre le Royaume-Uni et l'UE.

Si l'UE a encore affirmé mercredi qu'elle ne rouvrirait pas les négociations sur le Traité de retrait, Theresa May peut jouer sur la Déclaration politique pour trouver un compromis à même de rassembler une majorité parlementaire. La dirigeante conservatrice a dans ce but entamé la semaine dernière des discussions avec le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn. Elle peut aussi organiser une série de votes au Parlement sur différentes options pour la future relation avec l'UE.

Theresa May espère faire adopter son accord avant le 22 mai, car elle veut éviter que son pays ne participe aux élections européennes, prévues du 23 au 26 mai. Si elle y parvient, les Britanniques sortiront de l'UE le 1er juin.

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Une sortie avec accord, mais plus tard

Si le Royaume-Uni est toujours membre de l'UE après le 1er juin, cela signifie qu'il aura participé aux élections européennes fin mai. Si l'accord de divorce passe l'étape du Parlement au cours du mois de juin, les Britanniques sortiront de l'UE le 1er juillet. Si c'est en juillet, le 1er août, etc... Un "point d'étape" sur le Brexit est prévu lors d'un sommet européen fin juin.

Un "No deal" toujours sur la table

Ce scénario, redouté par les milieux économiques, signifierait une sortie brutale et sans période de transition, ni plan pour la suite de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE. Après 46 ans d'appartenance à l'UE, le pays quitterait du jour au lendemain le marché unique et l'union douanière et serait soumis aux règles de l'Organisation mondiale du commerce. Ce divorce peut arriver à deux dates : il aurait lieu le 1er juin si le Royaume-Uni est toujours membre de l'UE au moment des élections européennes en mai, mais refuse d'y prendre part. Le "no deal" pourrait aussi intervenir le 31 octobre, si Theresa May n'est pas parvenue à faire adopter son accord à l'issue des six mois de délai. L'UE et le Royaume-Uni ont intensifié ces derniers mois leurs préparatifs face à cette éventualité, même si les 27 et les députés britanniques disent ne pas en vouloir.

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Et pour corser le tout...

Si ces trois précédents scénarios tiennent la corde, le Brexit n'est pas à l'abri de deux "crises" : des élections législatives, qui peuvent être convoquées si le Parlement et le gouvernement ne parviennent pas à surmonter leurs désaccords. Un tel scrutin peut aussi être organisé à la suite du vote d'une motion de censure contre le gouvernement.

Enfin, il est aussi possible qu'il n'y ait tout simplement pas de Brexit : un tel revirement, soutenu par seulement une minorité de députés, peut avoir lieu en cas de nouveau référendum qui renverserait le résultat de la première consultation, qui avait vu les Britanniques voter à 52% pour le Brexit en juin 2016. L'option d'un référendum a timidement été évoquée par le parti travailliste lors de ses discussions avec le gouvernement, mais celui-ci a répété qu'il s'y opposait. Selon la Cour de Justice européenne, le Royaume-Uni peut aussi décider de renoncer à quitter l'UE sans avoir besoin de l'aval des autres Etats membres.

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