Brexit : et la famille royale, elle en pense quoi de tout ça ?

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Brexit : goodbye United Kingdom

BREXITER OR NOT ? - Alors que le Parlement est en ébullition et que le Premier ministre Boris Johnson se retrouve en position très délicate, la famille royale, elle, se tient loin des débats. Mais la presse britannique ne cesse de chercher des signes trahissant la position de ses membres sur ce dossier explosif.

Au milieu du marasme britannique entourant la question du Brexit qui tourne, soyons honnêtes, au psychodrame politique, la famille royale semble tenir la barre, comme d'habitude. Fidèle à son rôle et sa réputation. Bien que secouée par l'affaire Epstein qui ébranle la réputation du Prince Andrew, en ce qui concerne le Brexit, c'est silence radio depuis trois ans. 

Silence radio d'abord parce qu'aucun membre de la famille royale ne vote, mais aussi et surtout car ils ne s'expriment jamais sur les questions politiques en raison de leur statut, qui ne dépasse que très rarement celui de la représentation. En privé, on pense ce que l'on veut, mais en public, c'est "no comment". Alors parfois, ça fuite, mais on peut toujours compter sur Buckingham Palace et la famille royale pour brouiller les pistes. 

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Si la question titille la presse britannique, la position de la famille royale sur le sujet "Brexit" est relativement difficile à cerner. Depuis le début de ce feuilleton politique, les tabloïds affirment parfois la Reine est pour ou qu'elle est dans le camp des anti-Brexit. 

En 2016, The Sun, tabloïd britannique affirmait ainsi que la Reine était favorable à la sortie de son pays de l'Union européenne, expliquant que deux sources avaient corroboré cette information. 

La réaction du Palais de Buckingham ne s'était pas fait attendre. Ce dernier a saisi le régulateur de la presse pour rappeler que la reine s'astreint à une neutralité totale sur le plan politique. Le Telegraph a aussi affirmé que la Reine était du côté des Brexiters. Une source avait même raconté à la BBC que lors d'un déjeuner, la Reine avait déclaré que "quitter l'UE ne serait pas un problème".  

Alors pro-Brexit, la Reine ? Pas si sûr. Elizabeth II a des convictions pro-européennes anciennes et bien tranchées. En juin 2016, la mise en garde d'Elizabeth II contre une "division de l'Europe", lors d'un dîner à Berlin avait été vue comme un avertissement à peine voilé contre les dangers qu'impliquerait une sortie du Royaume-Uni de l'UE.

En juin 2017, lorsque la Reine a ouvert la session du Parlement et expliqué dans les grandes lignes le plan du gouvernement sur le Brexit, elle arborait un chapeau bleu et jaune. La presse s'était empressée d'y voir un signe : le jaune et le bleu était les couleurs du drapeau européen. La souveraine serait donc en faveur de l'Union européenne. 

Le prince Charles lui, n'a jamais exprimé, ni dans ses tenues ni dans ses discours, une quelconque position en faveur ou contre le Brexit. Une chose est certaine, selon lui, les liens entre son pays et l'Union européenne doivent perdurer à travers le temps malgré le Brexit. En Allemagne en mai dernier, le Prince avait plaidé en faveur de l'amitié qui liait son pays à l'Allemagne. "Nous sommes plus des voisins, nous sommes des amis et des partenaires, unis ensemble par notre expérience commune, nos intérêts et nos valeurs partagées, profondément investis dans les futurs de chacun. Notre relation est en transition", avait-il dit. 

Je ne peux pas répondre à cette question mais bien tenté- Le prince William à un enfant qui le questionnait sur le Brexit

Le prince William lui, semble pencher du côté de l'UE. On en veut pour preuve cette déclaration qui suggère que le futur souverain est un pro-Européen convaincu. "Il est important que nous gardions notre capacité à nous unir à d'autres nations pour agir ensemble (…) La coopération entre différents pays est le socle de notre sécurité et de notre prospérité", avait déclaré le prince lors d'une conférence des diplomates britanniques organisée au Foreign Office, en 2016. 

Deux ans plus tard, William est devenu le papa d'un petit Louis. Pour Piers Morgan, sulfureux ancien patron de la rédaction du tabloïd Daily Mirror, il fallait voir dans ce prénom, "un doigt d'honneur au Brexit" : "William et Kate ont donné à leur bébé un prénom français" porté par de nombreux "rois de France", avait-il ironisé. 

Lors d'un voyage officiel en France en 2017, William et Catherine de Cambridge avaient échangé avec des enfants étudiant l'anglais ou scolarisés dans des écoles britanniques en France. "Que pensez-vous du Brexit ?", lui avait ainsi demandé un jeune élève de la "British School of Paris". "Je ne peux pas répondre à cette question, mais bien tenté", lui avait alors répondu avec un sourire le prince, avant de s'éloigner. 

Quant à Harry, difficile également de savoir ce qu'il pense. Mais son beau-père Thomas Markle, père de Meghan, avait déclaré dans une interview en juin 2018 que pour le prince Harry, "le Brexit était une expérience à tenter". 

La famille royale, mise à contribution pour promouvoir le pays en dépit du Brexit

Reste que la famille royale s'est mise en ordre de marche depuis quelques années pour promouvoir le pays à travers le monde et rappeler à certains d'anciennes alliances économiques. Les pays choisis ne sont pas le fait du hasard et reflètent étroitement l'agenda politique et économique de Londres, selon les observateurs. "Le lieu est choisi sur la demande du Foreign Office", a expliqué à l'AFP Penny Junor, auteur de nombreuses biographies de membres de la famille royale.

Les voyages officiels des Cambridge se sont ainsi multipliés : Canada, Bouthan, Inde, Pologne, Allemagne... Autant de partenaires économiques à chouchouter dans l'hypothèse d'un Brexit. Les Sussex aussi ont été mis à contribution. Le prince Harry et sa femme Meghan étaient l'année dernière en Australie et vont sillonner l'Afrique durant dix jours dans les prochains mois. Avec une mission dont Buckingham Palace ne se cache pas : le couple sera chargé de mettre en lumière des partenariats en vue du sommet "UK-Africa Investment Summit" qui se tiendra à Londres en 2020. 

Le prince Charles et son épouse Camilla ont, eux aussi, beaucoup voyagé ces derniers temps. Durant le voyage dans le Pacifique de son benjamin et de son femme, tous deux étaient en Gambie, au Ghana et au Nigéria. 

Des territoires aussi vastes qu'importants pour la famille royale puisque le Commonwealth est un marché très important, avec 2,4 milliards d’habitants répartis sur les cinq continents. Promouvoir et stimuler les échanges commerciaux avec ces pays seraient le moyen de compenser les pertes du Royaume-Uni lors du départ de l'Union européenne. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'Harry et Meghan filent en Afrique : Teresa May, ancienne Première ministre, avait souhaité que la Grande-Bretagne soit l'investisseur étranger le plus important d'ici 2022. Harry et Meghan ont intérêt à être convaincants. 

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