Brexit : et si le Royaume-Uni ne sortait jamais vraiment de l’UE ?

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DECRYPTAGE - Exit le Brexit ? Près d'une semaine après le choc provoqué par le vote britannique en faveur d'une sortie de l'UE, l'heure est à sa mise en œuvre. Enfin, en théorie : les protagonistes ont mis de l'eau dans leur bière, David Cameron et Boris Johnson jouant la montre. Et les voisins européens, Angela Merkel en tête, préférant mettre le pied sur la pédale de frein. Un arrêt définitif ? Possible, selon ces quelques pistes.

► Quatre mois – minimum - de statu quo
Si Londres est désormais sous pression de l'UE pour engager rapidement la procédure de divorce, David Cameron l'a repoussée jusqu'à la désignation de son successeur lors du congrès de son parti prévu en octobre. Charge à son successeur d'enclencher le désormais fameux article 50 du traité de Lisbonne, notifiant au Conseil Européen la volonté d'un pays membre de quitter l'Union. Pas sûr que le futur Premier ministre du Royaume-Uni franchisse ce cap, synonyme de saut dans l'inconnu pour son pays : "Mon sentiment personnel, c'est qu'ils ne notifieront jamais" à l'UE leur intention de quitter l'Union, a déclaré un diplomate sous le couvert de l'anonymat. Et d'ajouter : "Et je n'exclurais pas, c'est mon sentiment personnel, qu'ils puissent ne jamais le faire".

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► La colère de l'Ecosse et de l'Irlande du Nord
En déclenchant l'article 50, Londres prendrait le risque de voir l'Ecosse et l'Irlande du Nord faire "sécession". En Ecosse, qui a voté à 62 % pour rester dans le giron européen, Nicola Sturgeon, Première ministre de la région, a affirmé que le résultat rendait "hautement probable" l'organisation d'un nouveau référendum d'indépendance après celui du 18 septembre 2014. Elle a annoncé que son gouvernement voulait "des discussions immédiates" avec Bruxelles alors que le Parlement écossais doit se réunir ce mardi pour évoquer la situation. En Irlande du Nord, qui a également majoritairement voté en faveur d'un maintien dans l'UE, le parti nationaliste Sinn Fein a appelé à un référendum sur une Irlande unifiée. Mais le Premier ministre irlandais Enda Kenny et son homologue nord irlandaise Arlene Foster ont rapidement rejeté ce scénario.

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► Un référendum à titre "seulement" indicatif
Rétropédalages des uns, mise en garde des autres… Et si la meilleure solution de régler le Brexit était d'écarter le choix des urnes au profit d'un vote au sein du Parlement britannique ? Le référendum était en effet consultatif, et non contraignant d'un point de vue juridique. Si la pilule est difficile à faire passer au sein du peuple qui a été appelé à voter pour donner son avis, les députés pourraient dans les faits empêcher l'activation de l'article 50. D’autant que la majorité d'entre eux, durant la campagne, s'était exprimée en faveur du maintien. "Réveillez-vous. Nous n’avons pas à faire cela. Nous pouvons mettre fin à cette folie et faire cesser ce cauchemar par un vote au Parlement", a ainsi réagi le député travailliste David Lammy.

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