Ils se rencontrent aujourd'hui : pour Macron, les demandes de Johnson sur le Brexit "ne sont pas une option"

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Brexit : goodbye United Kingdom

DISCUSSIONS - Avant sa rencontre ce jeudi avec Boris Johnson, nouveau Premier Ministre britannique, Emmanuel Macron a donné son sentiment sur le Brexit mais le président a surtout expliqué qu'il allait demander des "clarifications" à Boris Johnson.

"Des clarifications". C'est en substance ce qu'Emmanuel Macron va demander à Boris Johnson, ce jeudi 22 août, au cours d de leur rencontre. Le Premier Ministre britannique ayant expliqué cette semaine qu'en l'état, son pays ne pourrait pas accepter les termes du Brexit. 

Au cours d'une entrevue avec la presse, le président français redit sa ligne, similaire à celle de l'UE : l'accord ne serait pas renégocié.Il a expliqué ce qu'il attendait de cette rencontre avec Boris Johnson : "J'attends des clarifications", a -t-il dit. Tout en souhaitant que les discussions avec Londres sur le Brexit soient "les plus amicales et confraternelles" possibles. 

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Emmanuel Macron a redit qu'il aurait préféré que le Brexit n'ait pas lieu et a réaffirmé son attachement à la souveraineté du peuple britannique qui a voté sa faveur. Si le scénario du "no deal" est central d'après l'Elysée, le président français a affirmé qu'il y avait eu "des fondamentaux négociés". En cas d'absence d'accord, la facture de 39 milliards de livres que Londres doit à l'EU dans le cadre du Brexit, restera dûe. "Les obligations financières demeurent" même dans ce scénario, a souligné la présidence.

De fait, un "Brexit dur", sans accord au 31 octobre, "serait la responsabilité du gouvernement britannique", qui "a toujours la possibilité jusqu'à la dernière seconde de retirer l'article 50", sur lequel repose le Brexit. La France s'est "préparée" à ce scénario : "Tous les textes ont été passés, nous sommes à l'heure. On a embauché les douaniers, les experts vétérinaires..."

Pour lui, le Brexit est avant tout "une crise démocratique britannique" et il faut "aider les Britanniques à la gérer". Mais, au delà, le Royaume Uni "est un partenaire stratégique structurant absolument fondamental" pour la France et les autres pays européens, a-t-il ajouté.

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La renégociation dans les termes proposés par les Britanniques n'est pas une option qui existe- Emmanuel Macron

Ferme sur ses positions, Emmanuel Macron estime que Boris Johnson doit faire évoluer ses demandes car "la renégociation dans les termes proposés par les Britanniques n'est pas une option qui existe. Et cela a toujours été affirmé très clairement par le négociateur" de l'UE, Michel Barnier. La priorité des Européens est de sauvegarder "l'intégrité du marché européen" et "la stabilité de l'Irlande" sur la base du "good Friday agreement", l'accord de paix signé en Irlande du Nord, a-t-il insisté. 

Pour Boris Johnson, la Grande-Bretagne "ne peut accepter" en l'état l'accord avec l'UE

Dans le même temps, à Berlin, Boris Johnson était reçu par Angela Merkel et a affirmé que la Grande-Bretagne "ne peut accepter" en l'état l'accord actuel de divorce avec l'Union européenne, réclamant la suppression du mécanisme controversé de "filet de sécurité". Cet accord et son mécanisme prévu pour empêcher la création d'une frontière entre Irlande du Nord et République d'Irlande rend le Royaume-Uni "prisonnier" du cadre juridique de l'UE et doit être "supprimé", a-t-il affirmé devant la presse.

Le dispositif controversé prévoit que, faute de meilleure solution à l'issue d'une période transitoire, et pour éviter le retour d'une frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, le Royaume-Uni tout entier reste dans un "territoire douanier unique" avec l'UE. Il a été imaginé à la fois pour préserver les accords de paix de 1998, qui ont mis fin à trois décennies de violence, et l'intégrité du marché unique européen.

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