Brexit : les députés britanniques rejettent une sortie de l'UE sans accord, Theresa May réclame un troisième vote

International
ROYAUME UNI - Après que les députés britanniques ont rejeté de justesse l'idée d'une sortie de l'Union européenne sans accord, la Première ministre doit soumettre ce jeudi une motion proposant d'organiser d'ici le 20 mars un nouveau vote sur l'accord de divorce conclu avec l'UE.

Jamais deux sans trois. Theresa May va proposer jeudi 14 mars aux députés de voter l'accord de divorce qu'elle a négocié avec l'Union européenne. Une nouvelle tentative, sa troisième, qui intervient à quinze jours de la date théorique du Brexit. Mais aussi au lendemain d'une nouvelle soirée cauchemardesque pour la Première ministre.


Les députés lui ont en effet infligé un nouveau camouflet mercredi soir puisque ce n'est que d'extrême justesse qu'elle a obtenu le rejet d'une sortie de l'UE sans accord. 321 députés ont voté contre cette hypothèse, tandis que 308 ont voté pour, lors d'une session chaotique au Parlement. Dans ce contexte houleux, une motion gouvernementale est débattue ce jeudi à la Chambre des communes, proposant un court report du Brexit, théoriquement prévu le 29 mars, jusqu'au 30 juin, si les députés approuvent l'accord d'ici mercredi 20 mars. Si l'accord est recalé à nouveau, alors le report devra aller au-delà du 30 juin et impliquera que le pays organise des élections pour le parlement européen en mai, précise la motion. 

"La négociation, elle est terminée"

La dirigeante conservatrice ne cache pas sa préférence pour un court report, afin de mettre enfin en oeuvre le résultat du référendum qui a vu les Britanniques choisir à 52% de quitter l'UE après 46 ans d'un mariage sans amour. Malgré les échecs cuisants qu'elle a essuyés ces derniers mois, qui ont réduit son autorité presque à néant, elle espère parvenir à ses fins, en jouant sur la lassitude des parlementaires et l'inquiétude des eurosceptiques que le Brexit ne finisse par ne jamais se produire s'ils ne la soutiennent pas.


L'UE a souligné qu'une demande de report devait être justifiée et acceptée à l'unanimité par les 27 pays de l'UE. "Si un délai additionnel était demandé, il faudrait alors qu'on nous explique pour quoi faire (...) Ce ne peut être pour renégocier un accord que nous avons négocié durant de nombreux mois et dont nous avons dit qu'il n'était pas renégociable", a déclaré en écho mercredi le président français Emmanuel Macron. "La négociation, elle est terminée", a aussi réaffirmé le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit Michel Barnier. Ajoutant: "Le Royaume-Uni doit nous dire ce qu'il veut pour notre relation future".


Quant au "no deal", même si les députés ont rejeté cette option mercredi soir, elle reste la probabilité par défaut, faute d'un accord, a prévenu Theresa May. Signe que le gouvernement britannique prend cette hypothèse au sérieux, il a publié mercredi une nouvelle séries de mesures qui s'appliqueraient pour en atténuer les conséquences : il réduirait notamment ses droits de douane qui ne concerneraient plus que 13% des produits importés.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Brexit : goodbye United Kingdom

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter