Brexit : les pêcheurs français prêts à bloquer le débarquements de bateaux britanniques en France

Brexit : les pêcheurs français prêts à empêcher le débarquement de bateaux anglais

COMMERCE - Les autorités de Guernesey - incitées par Londres - se sont empressées de suspendre l'accès des pêcheurs français aux eaux de l'île anglo-normande à la suite du vote du brexit. Un accord devrait rapidement permettre leur retour mais cet épisode illustre la première bataille de l'après-Brexit entre pêcheurs français et britanniques. Et elle ne fait que commencer.

Quelques heures seulement après l'officialisation du Brexit, les premiers effets se sont fait sentir dans certains secteurs, à commencer par la pêche. Les autorités de Guernesey ont  ainsi"temporairement suspendu" l'accès des navires de pêche français aux eaux de l'île anglo-normande dans la nuit du 31 janvier au 1er février. Après plusieurs jours d'inquiétude, et de menace de représailles des pêcheurs français, un accord semble avoir été trouvé. Mais il illustre les tensions et l'inquiétude de la filière pêche française alors que les négociations plus globales ne font que commencer entre autorités britanniques et européennes. Et les tensions sont vives : mercredi matin, des pêcheurs normands étaient prêts à empêcher la débarque du poisson d'un bateau de Guernesey (Voir la vidéo ci dessus).

Les autorités françaises, elles, tentent de rassurer. "Je pense que d'ici à la fin de la semaine, si on travaille comme on se  l'est dit, les choses vont rentrer dans l'ordre", avait estimé la  secrétaire d'Etat Amélie de Montchalin, en marge d'une visite d'une entreprise de mareyage près de Caen. "On a un accord diplomatique. On a reçu une lettre formelle de sa Majesté  la couronne (...) On a un accord politique (...) Maintenant, on est dans la  mise en oeuvre. On va par exemple demander des immatriculations internationales à des pêcheurs qui parfois n'en ont pas. Il y a des petites démarches administratives", a précisé la secrétaire d'Etat, accompagnée de la  porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Selon le président du comité régional des pêches de Normandie, Dimitri Rogoff, "une petite cinquantaine de bateaux normands et plus d'une centaine de  bateaux bretons sont plus ou moins dépendants" des eaux de Guernesey. Selon le  comité des pêches breton, ils sont "une petite centaine" en tout sur les deux  régions.

"On a envoyé un signe fort à l'Europe et au gouvernement français que si à  la fin de l'année ça se passe comme ça, ça va être un bordel sans nom", a expliqué Dimitri Rogoff, président du comité régional des pêches de Normandie

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Cette décision d'exclure les bateaux français des zones de pêche de Guernesey menace des milliers d'emplois. Et pour cause, les eaux britanniques représentent 30% du chiffre d'affaires des pêcheurs français. "Si je n'ai plus cette zone de pêche, pour moi, l'avenir est morose et noir. A mon avis, c'est la fin de mon bateau" déplore Guy Loir, marin pêcheur à Cherbourg, dans la Manche.

Au niveau européen, le rapport de force est également déséquilibré. 40% des poissons pêchés par les Européens proviennent des eaux britanniques, soit 700 millions d'euros. A titre de comparaison, les Britanniques ne pêchent que pour 154 millions d'euros dans les eaux européennes. Néanmoins, les Britanniques ont également à perdre dans cette histoire. En effet, plus de 70% de leur production est exportée sur le continent.

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Pour Guernesey et Jersey, la pêche est réglementée par les accords de Granville, qui délimitent de façon complexe les zones de pêche de la région. D'un point de vue plus large, la convention de Londres détermine, depuis 1964, les zones de pêche entre 6 et 12 milles nautiques des Etats riverains de la mer du Nord et de l'Océan Atlantique. Une convention signée par 13 pays européens.

Comme pour tous les dossiers du Brexit, un accord devra être trouvé avant le 31 décembre prochain, fin de la période de transition. Et Bruxelles l'a déjà clairement annoncé : il n'y aura pas d'accord sur le Brexit et tous ses aspects, s'il n'y a pas d'accord sur la pêche.

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