Brexit : l'UE s'impatiente, le Royaume-Uni traîne des pieds

Brexit : l'UE s'impatiente, le Royaume-Uni traîne des pieds

SOMMET - Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE vont presser ce mardi lors d'un sommet européen de deux jours le Royaume-Uni de déclencher la procédure de divorce sans perdre de temps, en raison des risques sur les marchés, tout en s'efforçant de tirer les leçons du Brexit pour l'Europe et éviter une contagion à d'autres pays. A l'Assemblée nationale, Manuel Valls a rejeté la conception "ultralibérale" de l'Europe.

L'UE veut passer à autre chose
Face au "choc" du Brexit, les leaders de l'Union européenne n'entendent pas rester inactifs. A la recherche d'une "nouvelle impulsion", les chefs d'Etat et de gouvernement du groupe, réunis ces mardi et mercredi à Bruxelles, vont demander au Royaume-Uni de déclencher la procédure de sortie. Le Parlement les a devancés, exigeant son activation "immédiate". Là-dessus, l'UE sera inflexible : pas de procédure de retrait, "pas de discussions formelles ou informelles", a averti Angela Merkel.

► David Cameron joue la montre
Seulement, face à François Hollande, Angela Merkel et Matteo Renzi, le Premier ministre britannique David Cameron joue l'inertie. Démissionnaire, ce partisan du "remain" dans l'UE a bien peu d'options si ce n'est de faire attendre. Il a annoncé son départ peu de temps après l'officialisation la victoire du "out" et n'entend pas déclencher lui-même l'article 50 de la Constitution européenne, celui-là même qui déclenche la procédure de retrait, préférant en laisser le soin à son frère ennemi du camp pro-Brexit Boris Johnson, probable futur Premier ministre.

► Les pro-Brexit, pas pressés non plus
Cette ambiance incertaine est renforcée par l'attitude presque surréaliste par les tenants du Brexit. Ainsi de Boris Johnson qui, ce lundi dans sa chronique du  Daily Telegraph , écrivait que le Royaume-Uni faisait "partie de l'Europe", promettant d'"intensifier" la coopération avec ses voisins. Ubuesque, il s'y "félicite de la bonne tenue de la livre sterling", pourtant en chute libre, et a réaffirmé que la sortie de l'UE n'interviendrait "pas dans la précipitation". L'autre leader du camp du Brexit Nigel Farage insistait au lendemain de la victoire sur le fait qu'il exigerait un accès gratuit au marché unique européen.

► Valls s'en prend à une Europe "ultralibérale"
Dans un discours à l'Assemblée nationale, mardi après-midi, Manuel Valls s'est prononcé contre une "Europe punitive, acquise aux thèses ultralibérales et à l'austérité budgétaire". Une façon d'appui l'inflexion souhaitée de longue date par François Hollande, mais que ce dernier peinait à imposer en raison, notamment, de l'hostilité d'Angela Merkel. Le Premier ministre a également réaffirmé la nécessité de "vraiment maîtriser" les frontières de l'Europe, sans pour autant sortir de Schengen. Pas question, enfin, d'envisager un référendum français sur l'UE, réclamé par le FN, les souverainistes et certains responsables à droite. "La question qui se pose à la France n'est pas de sortir de l’Europe, mais de refonder le projet européen", a martelé Manuel Valls. 

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