Brexit : "No deal", "backstop"… les mots pour comprendre la crise

International

Toute L'info sur

Brexit : goodbye United Kingdom

SÉMANTIQUE - Plus de trois ans après le référendum de juin 2016, le processus de sortie de l'UE par le Royaume-Uni n'est pas encore réglé. Déjà repoussé à deux reprises, le Brexit est désormais officiellement fixé au 31 octobre. Reste à savoir s'il sera négocié ou non. Pour vous aider à comprendre ce débat, LCI vous explique le vocabulaire particulier qui a émergé outre Manche.

Le Royaume-Uni sortira-t-il de l'Union européenne le 31 octobre prochain ? Et si oui, comment ? Trois ans après le référendum de juin 2016, la première question semble réglée : alors que la date initialement fixée au 30 mars a déjà été repoussée à deux reprises (ce qui a valu à Theresa May, la Première ministre britannique de perdre son poste au profit de Boris Johnson, fervent partisan du départ), il n'est cette fois plus question d'un nouveau report, aussi bien à Londres qu'à Bruxelles.

Lire aussi

Pour vous aider à y voir plus clair, LCI vous propose un lexique des mots fréquemment utilisés dans le débat au Royaume-Uni et qui s'invite, à l'occasion, de ce côté-ci de la Manche.

"No deal"

Ce terme revient quand on évoque l'éventualité d’un Brexit sans accord entre l’UE et le Royaume-Uni. Si les conséquences restent difficiles à anticiper, le gouvernement britannique, alors dirigé par Theresa May, avait annoncé en décembre dernier le déblocage de deux milliards de livres (2,2 milliards d'euros) pour préparer ce scénario qui effraie une partie de l’opinion publique. Quelques exemples de ce qui attendrait les citoyens dans l’hypothèse d’un no deal ? L'une des premières conséquences concerne l'itinérance, soit la faculté d'utiliser le réseau d'un opérateur de téléphonie mobile à l'étranger. Le service, actuellement gratuit pour les consommateurs au sein de l'UE, engendrerait des frais en cas de "no deal" pour les voyageurs franchissant la Manche ou la frontière irlandaise.

Dans les aéroports, le "no deal" pourrait créer un véritable chaos, au Royaume-Uni mais aussi à l'étranger. Les compagnies aériennes britanniques et européennes perdront le droit automatique d'opérer des vols entre l'UE et le Royaume-Uni, et devront réclamer une autorisation. En outre, les milliers d'entreprises qui importent ou exportent au Royaume-Uni devraient apprendre à remplir des nouvelles déclarations de douane et envisager de faire face à de nouvelles taxes. Londres a annoncé son intention de travailler avec l'industrie pour "minimiser les délais et les fardeaux supplémentaires". Enfin, le gouvernement a prévenu sa population qu'elle pourrait perdre l'accès à certains services de streaming, comme Netflix ou Spotify, une fois le pays sorti du "marché unique numérique".

"Backstop"

Il s'agit de l'une des dispositions du texte conclu entre Theresa May, alors Première ministre, et l'UE. Et qui s'attire notamment les foudres du parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, soutien de son gouvernement. Concrètement, il s'agit d'empêcher le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord. L'objectif ? Préserver l'accord de paix sur l'île. 

Ce "filet de sécurité" prévoit notamment la création d'un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni, avec un alignement plus poussé pour l'Irlande du Nord, jusqu'à ce que les deux partenaires trouvent une solution pour définir leur future relation post-Brexit, et ce dans un délai de deux ans environ. Boris Johnson a clairement fait savoir qu'il s'opposait à ce mécanisme et a appelé les pays de l'UE à rouvrir la négociation. Sans succès pour l'instant, l'UE, pas plus que l'Irlande, ne souhaitant d'un rétablissement de la frontière avec l'Ulster.

"Brexiters"

C'est ainsi qu’on surnomme ceux qui estiment que l’accord conclu par Theresa May avec l’UE – et qui a été repoussé par le Parlement britannique - risquerait de garder leur pays indéfiniment rattaché à l'UE et l'empêcherait de retrouver sa liberté commerciale. L’utilisation de ce terme pour qualifier les "pro-Brexit" n’est pas nouvelle, puisqu'elle a émergé dans le sillage du débat il y a trois ans. 

"No deal Brexit rehearsal"

L'expression est apparue ces derniers mois dans la presse britannique. Les autorités ont effet commencé à faire des simulations grandeur nature pour mesurer l'ampleur d'un éventuel "no deal". Ainsi, en janvier, un test logistique impliquant une centaine de camions avait été organisé dans un aéroport désaffecté du Kent (sud-est de l'Angleterre). 

Ce site pourrait être utilisé pour éviter les embouteillages à proximité des ports, que pourraient provoquer un rétablissement des contrôles douaniers en cas de "no deal".

Lire et commenter