Brexit : "No deal", "backstop"… les mots pour comprendre la crise

International
SÉMANTIQUE - Le processus de sortie de l'UE par le Royaume-Uni patine. À tel point que les dirigeants européens ont décidé jeudi soir d'accorder au pays deux options pour un report du Brexit. Pour vous aider à comprendre ce débat qui dure depuis de long mois, LCI vous explique le vocabulaire particulier qui a émergé outre Manche.

Nouveau rebondissement dans la crise du Brexit. Ce jeudi 22 mars, les dirigeants européens ont décidé d'accorder au Royaume-Uni deux options pour un report du processus de sortie du pays de l'UE, au-delà de la date initialement prévue du 29 mars, fixant désormais au 12 avril la date fatidique. La Première ministre Theresa May, interrogée pendant plus d'une heure par ses 27 collègues, obligée d'attendre l'issue de leurs discussions dans une autre salle, a accepté ces deux scénarios. Selon cette offre, si les députés britanniques approuvent la semaine prochaine l'accord de divorce conclu en novembre, la date du Brexit sera reportée jusqu'au 22 mai. En cas de nouveau rejet, Londres aura jusqu'au 12 avril pour décider d'organiser des élections européennes. Ce qui lui permettrait alors de demander un nouveau report dont la durée n'a pas été fixée.

   

Pour vous aider à y voir plus clair, LCI vous propose un lexique des mots fréquemment utilisés dans le débat au Royaume-Uni et qui s'invite, à l'occasion, de ce côté-ci de la Manche.

"No deal"

Ce terme revient quand on évoque l'éventualité d’un Brexit sans accord entre l’UE et le Royaume-Uni. Si les conséquences restent difficiles à anticiper, le gouvernement britannique a annoncé en décembre le déblocage de deux milliards de livres (2,2 milliards d'euros) pour préparer ce scénario qui effraient une partie de l’opinion publique. Quelques exemples de ce qui attendrait les citoyens dans l’hypothèse d’un no deal ? L'une des premières conséquences concerne l'itinérance, soit la faculté d'utiliser le réseau d'un opérateur de téléphonie mobile à l'étranger. Le service, actuellement gratuit pour les consommateurs au sein de l'UE, engendrerait des frais en cas de "no deal" pour les voyageurs franchissant la Manche ou la frontière irlandaise.


Dans les aéroports, le "no deal" pourrait créer un véritable chaos, au Royaume-Uni mais aussi à l'étranger. Les compagnies aériennes britanniques et européennes perdront le droit automatique d'opérer des vols entre l'UE et le Royaume-Uni, et devront réclamer une autorisation. En outre, les milliers d'entreprises qui importent ou exportent au Royaume-Uni devraient apprendre à remplir des nouvelles déclarations de douane et envisager de faire face à de nouvelles taxes. Londres a annoncé son intention de travailler avec l'industrie pour "minimiser les délais et les fardeaux supplémentaires". Enfin, le gouvernement a prévenu sa population qu'elle pourrait perdre l'accès à certains services de streaming, comme Netflix ou Spotify, une fois le pays sorti du "marché unique numérique".

"Backstop"

Il s'agit de l'une des dispositions du texte conclu entre Theresa May et l'UE. Et qui s'attire les foudres du parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, dont le soutien est indispensable à la Première ministre pour obtenir la majorité absolue au Parlement. Concrètement, cette disposition du texte est destinée à empêcher le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord. L'objectif ? Préserver l'accord de paix sur l'île. Ce "filet de sécurité" prévoit la création d'un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni, avec un alignement plus poussé pour l'Irlande du Nord.

"Brexiters"

C'est ainsi qu’on surnomme ceux qui estiment que l’accord conclu par Theresa May avec l’UE – et soumis cette semaine au Parlement - risquerait de garder leur pays indéfiniment rattaché à l'UE et l'empêcherait de retrouver sa liberté commerciale. L’utilisation de ce terme pour qualifier les "pro-Brexit" n’est pas nouvelle, puisqu'il a émergé dans le sillage du débat il y a trois ans. Theresa May, qui a pris les rênes du gouvernement l'été 2016, était considérée comme l'une des figure de proue du mouvement. 

"No deal Brexit rehearsal"

L'expression est apparue ces dernières heures dans la presse britannique. Les autorités ont effet commencé à faire des simulations grandeur nature pour mesurer l'ampleur d'un éventuel "no deal". Ainsi, ce lundi, un test logistique impliquant une centaine de camions était organisé dans un aéroport désaffecté du Kent (sud-est de l'Angleterre). 

Ce site pourrait être utilisé pour éviter les embouteillages à proximité des ports, que pourraient provoquer un rétablissement des contrôles douaniers en cas de "no deal".

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Brexit : goodbye United Kingdom

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter