Brexit : nouvel accord, référendum, "no deal"... les différents scénarios envisageables

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Brexit : goodbye United Kingdom

EUROPE -Theresa May présente lundi son "plan B" après le rejet la semaine dernière par les députés britannique de son accord de retrait négocié avec Bruxelles. A l'approche de la date prévue du divorce, le 29 mars, voici les scénarios envisageables.

Brexit or not Brexit ? Après plusieurs mois à souffler le chaud et le froid, les députés britanniques ont rejeté l'accord négocié par Theresa May avec Bruxelles. L’issue du scrutin était prévisible, tant le document ne satisfaisait ni les europhiles, partisans de liens plus étroits avec l'Union européenne, ni les eurosceptiques, désireux d'une rupture plus nette. Pour tenter de sortir de la crise, la Première ministre britannique Theresa May présente lundi son "plan B", synonyme une nouvelle fois d'incertitudes.

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Un nouvel accord ?

Pour Theresa May comme pour l'UE, l'accord de divorce issu de longues négociations est le seul et le meilleur possible.  Après le rejet des députés, Theresa May a engagé des discussions avec l'opposition. Mais cette initiative a davantage mis en lumière les désaccords qui existent entre la dirigeante conservatrice et les autres formations qu'elle n'a permis de trouver des solutions. La cheffe du gouvernement a répété vouloir un accord qui "mette en oeuvre le résultat du référendum" de juin 2016, lors duquel 52% des électeurs ont voté pour quitter l'UE. Pour la cheffe du gouvernement, cet accord doit notamment permettre à Londres de reprendre le contrôle de l'immigration en provenance de l'UE et de mener une politique commerciale indépendante, deux points incompatibles avec la position du principal parti d'opposition, le Labour.

Lundi, Theresa May doit présenter une motion "neutre", qui devrait être l'objet de nombreux amendements parlementaires. Ceux-ci seront débattus et votés le 29 janvier. Si Theresa May parvenait à trouver un consensus au sein de la classe politique britannique, son texte devrait encore être approuvé par les 27 autres pays membres de l'UE.

Un "No deal" ?

Le rejet de l'accord par des députés a accru la possibilité d'un Brexit sans accord, particulièrement redouté par les milieux économiques, qui agitent le spectre d'un effondrement de la livre et d'une montée en flèche du chômage.  Theresa May a jugé "impossible" d'écarter ce scénario, ce que lui réclamait le leader travailliste Jeremy Corbyn comme condition préalable à l'entame de discussions pour élaborer un compromis. 

En cas de "no deal", les relations économiques entre le Royaume-Uni et l'UE seraient alors soumises aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), et une multitude de contrôles douaniers et réglementaires devraient être mis en place en urgence. Pénuries de médicaments, embouteillages monstres aux abords des ports, avions cloués au sol, perte de croissance... Ces sombres perspectives sont balayées par les Brexiters les plus acharnés, pour lesquels "une absence d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord", et qui veulent une politique commerciale indépendante.

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Un report du Brexit ?

L'éventualité est largement évoquée à Bruxelles, mais les prochaines élections européennes, prévues en mai, compliquent la donne: si le Royaume-Uni était toujours membre de l'UE à cette date, les Britanniques devraient alors élire leurs députés européens.  Selon une source diplomatique, "une prolongation après le 29 mars est possible mais pas au-delà du 30 juin car le nouveau Parlement européen sera constitué". Mais pour un autre diplomate, le Royaume-Uni "pourrait avoir des députés européens pour une période provisoire", jusqu'au Brexit. Des amendements déposés par les députés britanniques ces prochains jours pourraient conduire à suspendre ou retarder le processus de sortie de l'UE. Mais Theresa May reste jusqu'ici opposée à tout report du Brexit. Si elle changeait d'avis, sa demande devrait encore être acceptée à l'unanimité des 27.

Un second référendum ?

Un second référendum, option également exclue par la dirigeante britannique, est réclamé par les europhiles dans l'espoir qu'il inverse le résultat de la consultation du 23 juin 2016, et par certains responsables politiques pour débloquer la situation. Il faudrait alors à définir la question posée : maintien dans l'UE ou plan de Theresa May ? Ou sortie sans accord ? Les possibilités sont nombreuses.  Le gouvernement de Theresa May, lui, refuse d'envisager une nouvelle consultation, qui prendrait "plus d'un an" à être organisée, selon Downing Street. Mais le Parti travailliste, principale formation d'opposition, pourrait se ranger à cette option faute d'obtenir des élections anticipées.

Des élections générales ?

Elles ne peuvent être totalement exclues, dans cette saga à rebondissements, même après le rejet mercredi de la motion de censure déposée par Jeremy Corbyn contre le gouvernement. C'est en tous cas le principal objectif du Labour. Si les Travaillistes l'emportent lors de législatives anticipées, ils comptent négocier un nouvel accord avec Bruxelles mais il leur faudrait du temps, a déclaré Jeremy Corbyn, évoquant un probable report de la date de sortie de l'UE.

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