Brexit : Paris accuse le Royaume-Uni de ne pas respecter l'accord sur la pêche

Les autorités britanniques remettent en cause l'accord qui permettait à des bateaux français de pêcher dans les eaux territoriales et les zones des îles de Jersey et Guernesey. Bientôt certains pêcheurs français ne pourront plus travailler dans ces eaux.

BREXIT - A 48 heures de l'expiration de dizaines de licences de pêche pour les bateaux français, les autorités françaises s'agacent contre le Royaume-Uni. Paris accuse Londres de ne pas respecter les termes de l'accord sur la sortie de l'Union européenne.

Les conséquences du Brexit, effectif depuis janvier, sont chaque jour plus palpables entre la Grande-Bretagne et le continent. Les tensions aussi. Mardi, aucun accord n'avait été trouvé entre Paris et Londres, à moins de 48 heures de l’expiration, le 30 septembre, de dizaines de licences de pêcheurs français. Le gouvernement britannique a bien annoncé l’octroi prochain de seulement 12 autorisations supplémentaires, mais ce nombre est très loin des 87 réclamées par la France. 

L’accord post-Brexit négocié par l’Union européenne (UE) prévoit en effet que les pêcheurs européens pourront continuer à se rendre dans les eaux britanniques à condition d’obtenir une licence, accordée s’ils peuvent prouver qu’ils y pêchaient auparavant. Mais Londres, ainsi que les îles anglo-normandes de Jersey et Guernesey, n’ont pas accordé toutes les autorisations nécessaires pour les navires de pêche français.

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100 licences sur 175 accordées

Au total, depuis le début des négociations, seules 100 licences sur 175 ont été accordées, "malgré tout le travail entrepris ensemble", a déclaré la ministre française de la Mer, Annick Girardin, mardi, qui ajoute que "la pêche française ne doit pas être prise en otage par les Britanniques à des fins politiques."

A cela s’ajoute le cas des eaux de Jersey et de Guernesey, pour lesquelles de nombreuses licences provisoires expireront le 30 septembre. Dans un geste d’apaisement, le gouvernement de Jersey a annoncé qu'il renouvellera les licences provisoires qui expirent dans quarante-huit heures jusqu’au 31 janvier 2022. Un nouveau délai mal perçu par les pêcheurs français, prêts à en découdre en cas de trop timides avancées. De son côté, Guernesey renouvelle de mois en mois les licences provisoires. Au total, Paris attend encore des réponses pour 169 demandes d’autorisations définitives à Jersey, et 168 à Guernesey.

"Ca va mal se terminer"

Les pêcheurs français plaident pour des mesures de rétorsion immédiates : interdire aux bateaux anglais de débarquer ou réduire la coopération avec les îles anglo-normandes. "A ce jeu-là, ça va mal se terminer", a commenté à l'Agence France-Presse le président du comité régional des pêches de Bretagne, Olivier Le Nezet, fatigué à l'idée "d’aller faire le siège de Jersey tous les 4-5mois" pour faire réagir le gouvernement britannique comme ce fut le cas en mai dernier, provoquant l’envoi par Londres de deux patrouilleurs militaires pendant quelques heures.

Mardi, le vice-président de la région Normandie David Margueritte déplorer sur Twitter que "certaines familles (de pêcheurs) connaissent aujourd’hui de véritables drames humains." À terme, les flottes européennes vont devoir renoncer à 25 % de leurs captures dans les eaux britanniques à l’issue d’une période de transition qui court jusqu’en juin 2026.

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