Pêche post-Brexit : pourquoi le ton monte entre Paris et Londres

Pêche post-Brexit : pourquoi le ton monte entre Paris et Londres

GUERRE DU POISSON - Les autorités britanniques remettent en cause l'accord qui permettait à des bateaux français de pêcher dans ses eaux territoriales et dans les zones des îles de Jersey et de Guernesey.

Le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne continue de renforcer les sujets de tension avec les pays voisins. Après le non-respect du protocole nord-irlandais suite au Brexit, voilà maintenant un nouveau front ouvert par les Britanniques avec les pêcheurs français. Mais alors que reprochent concrètement les pêcheurs français au royaume de sa gracieuse majesté ?

L'accord post-Brexit, conclu in extremis à la fin de l'année dernière entre Londres et Bruxelles, prévoyait que les pêcheurs européens pourraient continuer à travailler dans certaines eaux britanniques, à condition d'obtenir une licence accordée s'ils peuvent prouver qu'ils y pêchaient auparavant. Chaque bateau doit justifier d'au moins onze jours de pêche entre le 1er février 2017 et le 30 janvier 2020.

Jersey ferme les écoutilles

L'île anglo-normande de Jersey a annoncé ce mercredi l'octroi de 64 licences définitives à des bateaux français (contre 169 demandées par Paris) et le rejet définitif de 75 dossiers. Les 75 bateaux recalés devront "cesser toute activité de pêche dans les eaux de Jersey dans un délai de 30 jours", selon le gouvernement jersiais qui précise que, dans ce délai d'un mois, les autorités continueront "de recevoir et d'examiner toute nouvelle pièce ou donnée présentée".

Une hypothèse "inacceptable" pour les pêcheurs français, qui affirment avoir donné tous les renseignements nécessaires pour les petits bateaux non équipés en système de géolocalisation  : journal de pêche, cartes des trajets transmises lors des sorties, chiffres des ventes, etc. Des éléments qui sont restés insuffisants.

La France demande le soutien de ses partenaires européens

En réponse à cette décision, la ministre française de la Mer, Annick Girardin, a appelé mercredi les pays européens à opposer un front commun contre le Royaume-Uni pour demander des "mesures de rétorsion" conformément à l'accord post-Brexit, après les dernières décisions britanniques au sujet des licences de pêche.

"Je compte sur les autres pays européens pour demander la même chose que la France, parce que ce que vit aujourd'hui la France, d'autres le vivront aussi", a déclaré la ministre à l'issue d'une réunion de plus de deux heures avec les représentants des pêcheurs. "On a tout intérêt à revenir au niveau européen" et à "demander ensemble à la Commission [européenne] de mettre en place les mesures de rétorsion prévues dans l'accord" post-Brexit, a-t-elle martelé.

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Une tentative pour la ministre d'éviter que la situation dégénère, comme en mai dernier où une flottille de pêcheurs normands et bretons s'était massée devant le port de Saint-Hélier, à Jersey, pour défendre leur droit à continuer de pêcher dans ces eaux. Londres y avait alors envoyé deux patrouilleurs pendant quelques heures. Un sujet hautement inflammable politiquement, qui plus est avec un gouvernement Johnson très prompt à défendre à tout prix son projet de "Global Britain".

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