Brexit : pourquoi le Royaume-Uni et l’Espagne se disputent Gibraltar

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BRAS DE FER – Que deviendra la colonie britannique lorsque le Royaume-Uni sortira officiellement de l’Union Européenne ? A l’issue d’une rencontre avec le ministre espagnol des Affaires étrangères à Madrid ce lundi, le ministre britannique du Brexit s’est déclaré "déterminé" à soutenir Gibraltar. Et pour cause, les enjeux économiques pour la région ne sont pas neutres.

La position du Royaume-Uni est claire, le pays soutiendra coûte que coûte Gibraltar. David Davis, le ministre conservateur chargé de gérer la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, s’est montré ferme à ce sujet alors qu’il rencontrait ce lundi le ministre des Affaires étrangères espagnol, Alfonso Dastis, à Madrid : "Nous sommes déterminés à soutenir Gibraltar", a-t-il déclaré à la presse.

Cette rencontre avait pour objectif de fixer le sort du "Rocher", l’autre nom donné à Gibraltar. Le territoire britannique, situé au sud de la péninsule ibérique et en bordure du détroit de Gibraltar – qui relie la Méditerranée à l’océan Atlantique - fait l’objet de discussions houleuses entre Londres et Madrid. Près de 10.000 habitants de Gibraltar, des ressortissants britanniques donc, travaillent effectivement en Espagne. Un projet d’ "orientation de négociations" de sortie du Royaume-Uni prévoit ainsi que l’Espagne devra donner son feu vert pour que l’accord du Brexit s’applique également à la colonie britannique. 

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Une nouvelle frontière et de lourdes répercussions économiques

Une disposition qui fait craindre aux responsables politiques de Gibraltar des répercussions économiques, et craignent notamment d’être exclus de futurs accords commerciaux. Et pour cause, la frontière terrestre du pays deviendrait une frontière extérieure. Comme l’explique Libération, "les (nombreux) conflits Espagne-Gibraltar deviendraient bilatéraux et ne bénéficieraient plus de la neutralité – et de la bienveillance — de Bruxelles". La mise en place d’un péage à la frontière, le contrôle des stupéfiants ou encore les limites maritimes de la colonie… de nombreux dossiers épineux seraient remis sur la table des négociations. 

Face à ces inquiétudes, Alfonso Dastis s’est voulu rassurant. "Nous ne voulons pas mettre d'obstacles aux relations avec le Royaume-Uni ni avec la population de Gibraltar", a t-il affirmé ce lundi. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a quant à lui affirmé que la colonie n’était pas "à vendre". Pour couronner le tout, la Première ministre, Theresa May, affirme être déterminée à se tenir au côté du peuple de Gibraltar, à l'instar de Margaret Tatcher, il y a de cela 35 ans. 

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