Brexit : pourquoi le Royaume-Uni n’est plus si pressé de partir

International
UNION EUROPÉENNE - Le "Sunday Times", proche des milieux financiers britanniques, affirme ce dimanche que le gouvernement de Theresa May envisage d'enclencher l'article 50 du Traité de Lisbonne vers la fin 2017. Ce qui repousserait le départ effectif du Royaume-Uni de l'UE à la fin... 2019.

Les Britanniques ont voté, le 23 juin dernier, en faveur d'une sortie de l'Union européenne, entraînant, dans la foulée, la démission de David Cameron. Pour entamer les négociations avec l'Union européenne, le gouvernement de la nouvelle Première ministre Theresa May doit donc invoquer l'article 50 du Traité de Lisbonne au début de 2017. 

Une fois l'article 50 enclenché, s'ouvrira une période de négociations de deux ans, au terme de laquelle la sortie de l'UE sera effective. Ce qui pour un déclenchement début 2017 signifierait un départ effectif début 2019. Face au choc du "Brexit", nombre de leaders de l'Union européenne pressent Londres d'en finir au plus vite. 

EN SAVOIR + >>  Brexit : et si le Royaume-Uni ne sortait jamais vraiment de l'UE ? 

Mais selon le Sunday Times , proche de des milieux financiers britanniques, des ministres de Theresa May ont prévenu en privé de hauts responsables de la City de Londres que le recours à l'article 50 pourrait n'avoir lieu que vers la fin de 2017, ce qui reporterait le Brexit à fin 2019. Pourquoi la Grande-Bretagne cherche-t-elle à gagner du temps ? Metronews fait le point. 

► Des retards accumulés dans l'équipe ministérielle
Selon des sources des milieux financiers de la City, qui disent avoir été prévenues par des ministres, les négociations pourraient commencer fin 2017 en raison du retard accumulé dans la formation d'équipes ministérielles affectées à la question du Brexit.

David Davis, à la tête du nouveau ministère chargé du Brexit, a recruté moins de la moitié des 250 employés dont il a besoin."Ils n'ont pas l'infrastructure pour les gens qu'ils doivent engager" en vue des négociations, affirme la source consultée par le Sunday Times. "Ils disent qu'ils ne savent même pas quelles sont les bonnes questions à poser lorsqu'ils commenceront finalement à négocier avec l'Europe".

Un autre ministère, celui du Commerce international, dirigé par Liam Fox, est lui aussi confronté à la nécessité de recruter rapidement de nombreux experts, car il ne dispose actuellement que d'une poignée de négociateurs expérimentés. Selon le quotidien britannique, Liam Fox n'a pu, pour l'heure, recruter moins de 100 experts, sur les 1000 dont il a besoin pour mener à bien sa politique.

Un calendrier électoral français et allemand défavorable
Autre raison invoquée pour gagner du temps : un membre non identifié du cabinet britannique a déclaré au Sunday Times que les calendriers électoraux de la France et de l'Allemagne posaient "certaines difficultés". Car, qui négociera avec le Royaume-Uni ? Les deux tours de l'élection présidentielle française se tiennent le 23 avril et le 7 mai 2017, et des élections fédérales auront lieu en Allemagne à l'automne 2017.

A LIRE AUSSI
>> Le jour où le Royaume-Uni a filé à l'anglaise
>>  Standard and Poor's dégrade la note du Royaume-Uni qui perd son "AAA" à cause du Brexit

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter