Brexit : pourquoi le vote du Parlement britannique ne donne pas de sueurs froides à Theresa May

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OUT – Si la Cour suprême britannique a confirmé mardi que l’activation du processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE devra être validée par le Parlement, les espoirs de revirement des anti-Brexit semblent vains. Seuls quelques députés et lords devraient en effet se risquer à l’obstruction.

C’est une victoire au goût amer pour une partie des opposants au Brexit. Et pour cause : si la Cour suprême britannique a confirmé mardi que l’activation du processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE devra être validée par le Parlement, comme le réclamaient les plaignants à l’origine du recours, les espoirs de revirement de certains semblent bien vains. La raison ? Députés et lords devraient, sauf rares exceptions, ne pas s’opposer à la volonté du peuple exprimée lors du référendum du 23 juin dernier. 


Bien qu’elle ne dispose que d'une étroite majorité à la chambre des Communes, la Première ministre conservatrice Theresa May ne devrait pas avoir de difficultés à faire voter le Parlement en faveur du déclenchement des négociations. Preuve en est, la promesse du Labour, le principal parti d'opposition, de ne pas bloquer le lancement effectif du Brexit. "Le Labour ne va pas compromettre le processus d'activation de l'article 50", a ainsi affirmé le chef des travaillistes Jeremy Corbyn.

Le ministre du Brexit sûr de son fait

"Je suis certain que personne ne cherchera (à utiliser le projet de loi, ndlr) pour tenter de contrecarrer la volonté des Britanniques ou pour retarder le processus", a déclaré, sûr de son fait, le ministre du Brexit David Davis. "Il ne peut y avoir machine arrière. Le point de non-retour a été franchi le 23 juin dernier."


Même son de cloche du côté Andrew Blick, professeur de sciences politiques et d’Histoire au King's College de Londres, pour qui "il semble peu probable que la Chambre des Communes, la chambre élue du Parlement, veuille être vue comme bloquant le Brexit" ou "comme résistant à la volonté du peuple". Même si, nuance-t-il, la chambre des Lords pourrait être tentée de faire un peu de résistance au projet de loi prochainement présenté. 

Le Brexit ne va pas être stoppé par la décision de la CourRobert Hazell et Alan Renwick, chercheurs au University College de Londres

"Le Brexit ne va pas être stoppé par la décision de la Cour" mais "les députés et lords pourraient utiliser les débats (...) pour contraindre le gouvernement à faire des rapports réguliers devant le Parlement sur les progrès dans les négociations", jugent pour leur part Robert Hazell et Alan Renwick, deux experts du centre de recherche sur les changements constitutionnels, rattaché au University College de Londres.

Une rupture (un peu) moins dure ?

Néanmoins, le choix d'un Brexit "dur" énoncé la semaine dernière par Theresa May pourrait susciter une certaine résistance de députés qui, tout en admettant qu'une sortie de l'UE est inéluctable, ne sont pas disposés à lui donner leur blanc-seing. Jeremy Corbyn a par exemple annoncé dès dimanche que son parti allait "déposer des amendements demandant des garanties sur un accès au marché unique et sur la protection des droits" des travailleurs. 


Dans la même veine, le Parti national écossais (SNP) de Nicola Sturgeon, fort de 54 députés sur les 650 de la chambre des Communes, compte également déposer "50 amendements" au projet de loi gouvernemental.

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