Brexit : quatre navires de guerre prêts à protéger les zones de pêche du Royaume-Uni en cas de "no deal"

Le Royaume-Uni prêt à faire intervenir des navires de guerre pour protéger ses zones de pêche en cas de "no deal" lors des négociations concernant le Brexit.

DÉFENSE - Alors que les négociations du Brexit ne montrent ce samedi soir toujours aucune issue sur le sujet de la pêche, le Royaume-Uni a d'ores et déjà mobilisé quatre navires militaires pour protéger ses zones de pêche en cas de "no deal".

Le Royaume-Uni joue les gros bras. À la veille de l'échéance pour nouer un accord commercial post-Brexit avec l'Union européenne, des navires de la Royal Navy se tiennent prêts à protéger les zones de pêche britanniques où pourraient survenir des tensions en cas d'échec des négociations. Les discussions entre les équipes de négociation se poursuivent, ont indiqué des sources proches des pourparlers. Si aucun compromis n'est trouvé, le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l'UE le 31 janvier 2020 mais continue de respecter les règles européennes pendant une période de transition qui s'achève le 31 décembre, reprendra le contrôle total de ses eaux le 1er janvier prochain.

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Une entente pour le moment impossible

Ces derniers jours, les préparatifs en cas de "no deal" se sont accélérés des deux côtés de la Manche, le Premier ministre britannique Boris Johnson comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se montrant pessimistes quant à l'issue des pourparlers. Trois sujets restent pour le moment sans issue : la pêche, le règlement des différends dans le futur accord et les garanties exigées de Londres par l'Union européenne en matière de concurrence. 

Malgré son poids économique négligeable, le sujet de la pêche est crucial pour plusieurs États membres (France, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Irlande), dont les pêcheurs veulent garder un accès aux eaux britanniques, très poissonneuses.  L'inflexibilité des deux côtés de la Manche n'a pas permis de concilier des positions de départ aux antipodes : le statu quo dans l'accès à ces eaux côté européen, un contrôle total pour Londres avec des quotas négociés chaque année.

Divers scénarios d'intervention de la Défense envisagés

Sans nouvel accord sur les droits de pêche, quatre navires de 80 mètres de long, déjà en position, seront chargés d'empêcher des chalutiers de l'UE de pénétrer dans les eaux britanniques. Le ministère de la Défense britannique a confirmé que des navires sont en attente, expliquant avoir "mené une planification intensive et des préparatifs pour s'assurer que la Défense soit prête à divers scénarios à la fin de la période de transition", selon un porte-parole du ministère. "Il est tout à fait approprié que la Royal Navy protège nos eaux si la position est que nous sommes un État souverain et que le gouvernement ne veut pas voir là-bas des bateaux de pêche d'un autre pays", a déclaré à la BBC l'amiral à la retraite Alan West, ancien chef d'état-major naval. 

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Des tensions diplomatiques réelles

Le député conservateur Tobias Ellwood, ancien capitaine de l'armée britannique et président du comité parlementaire sur la Défense, a, lui, redouté que l'image du Royaume-Uni soit écornée. "Nous nous retrouvons face à la perspective de voir notre Royal Navy déjà débordée se confronter à un proche allié de l'OTAN sur les droits de pêche", a-t-il déploré sur la BBC. "Nous devons construire des alliances et non les briser", a-t-il plaidé. Humza Yousaf, ministre écossais de la Justice et membre du Scottish National Party, parti pro-UE, a pour sa part déclaré que "la 'diplomatie de la canonnière' ne sera pas la bienvenue dans les eaux écossaises". Quant à Tom Tugendhat, président conservateur de la commission des Affaires étrangères du Parlement, il a tweeté en français que "le risque d'empoisonnement de la relation" entre la France et le Royaume-Uni "est réel".

Ce déploiement évoque le mauvais souvenir des "guerres de la morue" avec l'Islande sur les droits de pêche dans l'Atlantique Nord, qui ont duré près de 20 ans, avant de finalement trouver un règlement dans les années 70.

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