Brexit : comment les membres de l'Union européenne se préparent à un "no deal"

International
CONSÉQUENCES - Pour faire face à l'éventualité d'un Brexit sans accord, les pays membres de l'Union européenne sont d'ores et déjà obligés de se préparer. Quelles mesures l'Irlande, la France, l'Allemagne, l'Espagne ou encore les Pays-Bas ont-ils déjà prises pour limiter les conséquences d'un "no deal" ?

"Un Brexit sans accord n’a jamais été mon souhait mais il devient chaque jour plus probable." C'est ce qu'a affirmé le négociateur de l’Union européenne pour le Brexit Michel Barnier ce mardi, lors d’une conférence de presse organisée par le think tank EPC à Bruxelles, et au lendemain du rejet par les députés britanniques de toutes les alternatives à l'accord de Brexit du gouvernement. "L’UE des 27 est maintenant prête" à cette éventualité, a-t-il ajouté. Voici un tour d'horizon des mesures déjà prises par quelques pays européens pour limiter la casse et être prêts le moment venu.

France

La France serait directement impactée par un "no deal" et le rétablissement de frontières. C'est pourquoi les douanes françaises ont prévu de recruter 700 agents supplémentaires. 


En janvier dernier, le Parlement français a adopté une loi autorisant le gouvernement à prendre cinq ordonnances devant résoudre les problèmes administratifs et économiques qu’entraînerait un "no deal". Ces ordonnances devraient notamment fixer le sort des 200.000 Britanniques vivant en France. Ils pourront continuer de résider en France sans titre de séjour pendant un an, le temps de régulariser leur situation. Une solution qui sera choisie sous réserve que les Britanniques accordent le même délai aux 300.000 Français vivant au Royaume-Uni. Ils préserveront leurs droits sociaux et les sociétés britanniques implantées en France dans des secteurs réglementés (notaires, avocats) pourront se maintenir sur le territoire. Une autre ordonnance permettra la réalisation en urgence des infrastructures nécessaires au rétablissement des contrôles aux frontières ; une autre permettra la continuité du trafic ferroviaire dans le Tunnel sous la Manche, peut-on lire sur le site gouvernemental consacré au Brexit.


Le gouvernement a également mis l'accent sur la documentation et la communication à destination des entreprises. De nombreux livrets explicatifs sont disponibles sur le site du ministère de l'Economie. Des réunions d’information sont également prévues partout en France pour les entrepreneurs. 

Irlande

Le pays s’est doté en février dernier d’une loi couvrant un certain nombre de questions importantes telles que le versement des pensions et d’autres avantages, le maintien des services ferroviaires et de bus transfrontaliers, et le maintien de l’accès des citoyens aux services transfrontaliers, indique un article de la BBC.


Mais l’aspect le plus important pour le pays est le futur de la frontière avec l’Irlande du Nord. Dans le Traité de retrait non voté par les parlementaires britanniques, est prévu un "backstop" censé éviter le retour d’une frontière entre les deux Irlande. Mais en cas de "no deal", une frontière physique pourrait faire son retour. Le pays a peur que celle-ci mette en péril vingt ans de relations économiques et de paix avec son voisin du Nord, alors que 30.000 personnes franchissent quotidiennement la frontière pour aller travailler, faire du shopping ou se faire soigner.

Allemagne

Comme la France, l'Allemagne prépare également le recrutement de personnel supplémentaire pour contrôler les gens et les marchandises en provenance du Royaume-Uni. 


En cas de "no deal", le gouvernement allemand permettrait aux citoyens britanniques vivant dans le pays de conserver leur droit de vivre et de travailler là-bas sans changements pendant trois mois. Mais au cours de cette période, ils devraient faire une demande de permis de séjour.

Pays-Bas

L’année dernière, le gouvernement a annoncé qu’il faudrait plus de 900 douaniers et 145 vétérinaires supplémentaires pour contrôler le port de Rotterdam. 


Une fois le "no deal" acté, les ressortissants britanniques résidant légalement aux Pays-Bas conserveraient leur droit de vivre, étudier et travailler pendant quinze mois grâce à un permis de séjour temporaire, explique la BBC.

Espagne

L’Espagne a annoncé qu’elle aurait besoin de 860 employés supplémentaires pour contrôler les gens, les biens et les animaux dans les ports et les aéroports.


Le 1er mars, le pays a voté des mesures permettant aux Britanniques résidant en Espagne de continuer à y vivre comme actuellement. Toutefois, ils devront demander la "carte d’identité étranger" avant le 31 décembre 2020 afin de prouver leur statut de résident légal.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter