Brexit : sursis de dernière minute pour éviter un "no deal" entre l'UE et le Royaume-Uni

Et c’est reparti pour un tour ! Pour éviter à tout prix un "No Deal", Londres et Bruxelles vont relancer cette semaine leurs interminables négociations en vue d'un accord commercial. Cette fois-ci pas de date butoir avant le couperet de la rupture définitive le 31 décembre 2020. Retour sur 47 ans d’un mariage houleux entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne avec un divorce de plus en plus compliqué.

NÉGOCIATIONS - A 20 jours de la rupture définitive prévue par le Brexit, l'Union européenne et le Royaume-Uni devaient décider dimanche d'un arrêt ou d'une poursuite des négociations en vue d'un accord commercial. Les deux parties ont finalement décidé de se donner encore un peu de temps. Boris Johnson s'est toutefois montré à nouveau pessimiste sur l'issue de la discussion.

Des positions inconciliables jusqu'au bout ? L'Union européenne et le Royaume-Uni franchissent dimanche une nouvelle étape dans le processus du Brexit, alors que le Royaume-Uni quittera le marché unique et l'union douanière le 31 décembre 2020. 

Le négociateur britannique David Frost était arrivé dans les locaux de la Commission européenne dimanche matin, après des discussions qui se sont achevées tard dans la nuit de samedi à dimanche. Les deux parties devaient en principe aboutir à un accord commercial post-Brexit, ou au contraire acter le fait que le processus se soldera par l'absence totale d'accord. Un scénario que ne souhaitaient ni l'UE, ni le Royaume-Uni, mais qui semblait se profiler ces derniers jours. L'échec est "très, très probable", reconnaissait vendredi le Premier ministre britannique Boris Johnson, d'accord sur ce point avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Finalement, les parties prenantes ont décidé de se donner un peu plus de temps. 

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Scénario miracle ?

"En l'état, l'offre de l'UE reste inacceptable", confiait encore samedi une source gouvernementale britannique alors que les discussions se poursuivaient à Bruxelles. "Tout accord doit être équitable et respecter la position fondamentale selon laquelle le Royaume-Uni sera une nation souveraine dans trois semaines."

Dans ces pourparlers tendus, émaillés de coups de bluff et de rebondissements, aucun scénario ne peut être écarté. Un entretien téléphonique entre Ursula von der Leyen et Boris Johnson, dimanche en milieu de journée, a abouti à un communiqué commun, actant la poursuite des discussions. "Malgré l'épuisement après presque un an de négociations, malgré le fait que les délais ont été dépassés à maintes reprises, nous pensons qu'il est responsable à ce stade d'aller plus loin", ont souligné les deux dirigeants. "Nous avons donc mandaté nos négociateurs pour poursuivre les discussions et voir si un accord peut être conclu même à ce stade tardif."

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L'anxiété des pêcheurs français, suspendus aux négociations du Brexit

Désaccords de fond

Les discussions achoppent sur plusieurs sujets fondamentaux. Le premier est l'accès des pêcheurs européens, et notamment français, aux eaux britanniques après le 31 décembre. La perspective d'une sortie sans accord met en péril un secteur entier, au point que la ministre française de la Mer Annick Girardin a demandé au Premier ministre Jean Castex d'anticiper un mécanisme de soutien à la profession, notamment sous la forme du fonds de solidarité. Un document publié jeudi par la Commission européenne, destiné à planifier des mesures d'urgence en cas de "no deal", envisage de permettre aux pêcheurs de continuer leur activité jusqu'à la fin de l'année 2021. Mais le Royaume-Uni ne l'entend pas de cette oreille et son ministère de la Défense a prévenu qu'il dépêcherait des navires de la Royal Navy pour protéger les zones de pêche nationales dans cette hypothèse. 

Pas de quoi faciliter les discussions, qui achoppent plus généralement sur les relations commerciales post-Brexit. L'UE et le Royaume-Uni tentaient à ce titre de trouver un terrain d'entente sur les conditions dans lesquelles se régleraient désormais les différends commerciaux et sur la manière, pour les Européens, d'éviter toute concurrence déloyale. L'UE est prête à offrir à Londres un accès sans droits de douane ni quotas à son immense marché, mais elle veut en échange s'assurer que le Royaume-Uni ne se livrera pas à du dumping en s'écartant des normes environnementales, sociales, fiscales européennes ou de celles sur les aides d'État.

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Face à des Européens soucieux de protéger leur immense marché, les Britanniques veulent retrouver une liberté commerciale totale. En cas d'échec de tout accord commercial, les échanges entre l'UE et le Royaume-Uni se feront selon les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d'un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le coronavirus. Dimanche, Boris Johnson a redit son pessimisme. "Je dois répéter que la chose la plus probable maintenant est bien sûr que nous devons nous préparer à un Brexit aux conditions de l'OMC" le 1er janvier prochain, a-t-il prévenu. 

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