Brexit : Theresa May désavouée par sa propre majorité au Parlement

Brexit : Theresa May désavouée par sa propre majorité au Parlement

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DÉFAITE - Un amendement voté avec des membres de sa propre majorité prévoit que toute décision finale avec Bruxelles concernant la mise en application du Brexit fasse l'objet d'un vote contraignant au Parlement.

Victime de la rébellion d'une partie de son propre camp, la Première ministre britannique Theresa May a perdu mercredi 13 décembre, à quatre voix près, un vote crucial sur le Brexit au Parlement, exposant ainsi sa faiblesse à la veille d'un sommet européen où doivent être validés, par les 27 Etats-membres, les trois pré-accords préalables au Brexit. Malgré les efforts intenses déployés tout au long de la journée par le gouvernement pour s'y opposer, l'amendement a été adopté par 309 voix contre 305 à l'issue d'un débat de plusieurs heures organisé dans le cadre de l'examen du projet de loi gouvernemental sur la sortie de l'UE.


Cet amendement, soumis par un député de la majorité conservatrice, l'ancien procureur général Dominic Grieve, prévoit que tout accord final conclu avec Bruxelles soit ratifié par un vote contraignant du Parlement de Westminster. Faisant campagne pour son amandement, Dominic Grieve avait appelé la représentation parlementaire à ne pas donner de "chèque en blanc" au gouvernement. 

Une mutinerie à la veille d'un sommet européen

Son adoption, rendue possible grâce aux voix de 11 députés conservateurs rebelles, illustre plus que jamais la fragilité de Theresa May qui, depuis son revers aux dernières législatives de juin et la perte de la majorité absolue, est à la merci d'une fronde parlementaire. Cette défaite, sa première depuis le début des travaux parlementaires sur ce projet de loi, vient ternir une des rares séquences positives sur laquelle surfait la dirigeante après la conclusion vendredi  8 décembre d'un compromis avec Bruxelles sur les conditions du Brexit.

Le vote de cet amendement ne pouvait plus mal tomber pour la Première ministre alors que s'ouvre ce jeudi à Bruxelles un sommet européen de deux jours, qui doit décider de passer à la deuxième phase des discussions du Brexit, sur les futures relations commerciales entre Londres et l'UE, mais aussi l'état des frontières entre l'Irlande, toujours membre de l'UE, et l'Irlande du Nord. "Nous sommes déçus que le Parlement ait voté en faveur de cet amendement", a réagi dans un communiqué un porte-parole du ministère du Brexit. "Nous allons maintenant déterminer si d'autres modifications sont nécessaires", a-t-il ajouté, quand, dans le même temps, les tories rebelles et l'opposition travailliste, qui a très largement voté pour l'amendement, criaient victoire.


Cette "défaite est une humiliante perte d'autorité pour le gouvernement", a notamment taclé le patron du Labour, Jeremy Corbyn.

Un amendement qui pourrait bloquer la mise en application du Brexit ?

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Theresa May et ses soutiens avaient pourtant tout fait pour convaincre leurs députés. Jusqu'au dernier moment, le gouvernement avait tenté de rassurer les parlementaires, Theresa May et son ministre chargé de la sortie de l'UE, David Davis, montant au front pour tenter de convaincre les députés rebelles. "Nous soumettrons l'accord final de retrait conclu entre le Royaume-Uni et l'UE à un vote au sein des deux chambres du Parlement avant qu'il n'entre en vigueur", avait déclaré la Première ministre devant la Chambre des Communes. Un vote sur l'accord final aura lieu "dès que possible après la fin des négociations", avait indiqué de son côté David Davis. Et quelques instants avant le vote, le secrétaire d'Etat à la Justice Dominic Raab s'était lancé dans une ultime tentative pour amadouer les députés rebelles, mais pour finalement s'entendre sèchement signifier par Dominic Grieve: "Trop tard!".


L'introduction de l'amendement avait provoqué la colère de partisans d'un Brexit dur, à l'instar du député conservateur Duncan Smith pour qui l'amendement, a-t-il argumenté, liera "les mains du gouvernement" dans ses négociations avec l'Union européenne.


Alors que ce vote promet d'attiser encore davantage les divisions au sein des conservateurs sur le Brexit, le gouvernement n'a pas tardé à riposter en limogeant l'un des rebelles, Stephen Hammond, de son poste de vice-président du parti.

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