Brexit : transports, médicaments, téléphonie... les conséquences concrètes d'un rejet de l'accord par le Parlement mardi

International
GOODBYE - La chambre des Communes votera mardi sur l'accord négocié par Theresa May avec l'Union européenne. Celui-ci a de fortes chances d'être rejeté, ce qui provoquerait un chamboulement des relations entre le pays et ses voisins.

"Mon message au Parlement ce weekend est simple : il est temps d'arrêter de jouer et de faire ce qui est juste pour notre pays". Theresa May a joué la carte de la solennité ce weekend dans la presse britannique, deux jours avant un scrutin décisif. Les députés sont convoqués mardi pour voter l'accord conclu à Bruxelles par la Première ministre. Un accord négocié avec l'UE pour mettre en musique le Brexit. Que vont décider les parlementaires ? Aucune majorité évidente ne se dessine. Seule certitude : les conséquences d'un "no deal" seraient nombreuses. Voici ce qui se passerait en cas de divorce sans accord entre Londres et Bruxelles.

Des frais téléphoniques et bancaires en hausse

L'une des premières conséquences visibles pour les consommateurs concerne l'itinérance, soit la faculté d'utiliser le réseau d'un opérateur de téléphonie mobile à l'étranger. Le service, actuellement gratuit pour les consommateurs au sein de l'UE, engendrerait des frais en cas de "no deal" pour les voyageurs franchissant la Manche ou la frontière irlandaise. Il en va de même pour l'usage de cartes de paiement, qui devrait entraîner des frais supplémentaires, tandis que les procédures bancaires seront "plus lentes", d'après Londres. Au sein de l'UE, les clients des banques d'investissement basées au Royaume-Uni ne pourront plus faire appel à leurs services financiers. De nombreux établissements ont mis en place des filiales sur le continent pour éviter les perturbations.

En vidéo

Brexit : l'accord avec l'UE expliqué en 5 mn (s'il est approuvé par les Britanniques)

Les consommateurs impactés dans leur quotidien

Le gouvernement britannique a prévenu sa population qu'elle pourrait perdre l'accès à certains services de streaming, comme Netflix ou Spotify, une fois le pays sorti du "marché unique numérique". Les consommateurs qui achètent en ligne verraient leurs frais augmenter parce que les colis livrés depuis le continent ne pourront plus prétendre à une TVA allégée. Les Britanniques en vacances en Europe pourraient également devoir obtenir un permis de conduire international, car les leurs "pourraient ne plus être valables". Quant au transport d'animaux domestiques, il serait encadré par des règles sanitaires plus strictes.

Pour parer à toute éventualité, le Royaume-Uni va stocker des médicaments pour six semaines supplémentaires, en plus des trois mois de stocks actuels dont il dispose. Le pays quittera l'Agence européenne du médicament mais continuera à reconnaître temporairement les tests et certifications européens pour éviter une double procédure et une rupture de la chaîne d'approvisionnement.

Eurostar, gares, aéroports... le chaos dans les transports ?

Le "no deal" pourrait créer un véritable chaos dans les aéroports du Royaume-Uni…. mais aussi à l'étranger. Les compagnies aériennes britanniques et européennes perdront en effet le droit automatique d'opérer des vols entre l'UE et le Royaume-Uni, et devront réclamer une autorisation. Londres "envisage" d'accorder aux compagnies aériennes des permissions pour qu'elles puissent continuer à fonctionner normalement et "s'attend" à ce que l'UE fasse de même, mais anticipe, dans le cas contraire, "des perturbations sur certains vols". Le service de train Eurostar pourrait connaître des difficultés similaires car les licences des opérateurs ferroviaires britanniques en Europe ne seraient plus valables. Enfin, Londres a signé des contrats à hauteur de 120 millions d'euros avec trois compagnies de ferry pour renforcer les liaisons avec le continent, espérant ainsi fluidifier le trafic et éviter des embouteillages à proximité des ports, confrontés au rétablissement des contrôles.

Des formalités administratives plus complexes

Les milliers d'entreprises qui importent ou exportent au Royaume-Uni devraient apprendre à remplir des nouvelles déclarations de douane et envisager de faire face à de nouvelles taxes. Londres a annoncé son intention de travailler avec l'industrie pour "minimiser les délais et les fardeaux supplémentaires". Le Royaume-Uni a également annoncé la mise en place d'un système d'indications géographiques protégées pour des produits alimentaires comme le whisky écossais ou le fromage Stilton, jusqu'ici reconnus par des labels européens. Les paquets de cigarettes seront également affectés : il faudra introduire une nouvelle iconographie pour prévenir des risques du tabagisme, les droits des photos utilisées étant la propriété de la Commission européenne.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Brexit : goodbye United Kingdom

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter