Brexit : troisième vote des députés sur l’accord de sortie, May va être fixée sur son sort

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PROLONGATIONS - Le président de la Chambre des communes a validé vendredi un troisième vote des députés britanniques sur l'accord de Brexit conclu par Theresa May avec l'Union européenne. La Première ministre a mis sa démission dans la balance pour convaincre certains élus conservateurs, le spectre d'une sortie sans accord se faisant de plus en plus menaçant.

Le président de la Chambre des communes a donné jeudi 28 mars son feu vert à la tenue d'un troisième vote des députés britanniques sur l'accord de Brexit conclu par Theresa May. Il aura lieu ce vendredi. "La motion est nouvelle, substantiellement différente", a déclaré le speaker John Bercow, après avoir rejeté la tenue d’un vote la semaine d’avant, invoquant l’impossibilité pour les députés de réexaminer un texte déjà rejeté.

Pour contourner l’obstacle, le gouvernement a décidé de ne présenter au vote qu’une partie de l’accord, le Traité de retrait, et d’en exclure la déclaration politique sur la relation future avec l’Union. 

Theresa May joue sa dernière carte

Mercredi soir, Theresa May assurait aux parlementaires de son parti conservateur qu’elle démissionnerait si l’accord de retrait qu'elle a négocié avec les Européens est enfin ratifié par la Chambre des communes.

Si Boris Johnson, rival de Theresa May, et fervent défenseur d’un Brexit sans accord, est convaincu et annonce qu’il se range désormais derrière le texte, des "rebelles" conservateurs s’y refusent encore. Dix d’entre eux représentent le Parti unioniste démocrate d’Irlande du Nord, qui ont répété mercredi qu’il ne fallait pas compter sur eux.  

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Mercredi soir, les députés britanniques de la majorité ont voté contre les huit options qu’ils avaient eux-mêmes proposées, allant d’un divorce sans accord à une révocation de l’article 50 du Traité de Lisbonne qui régit la sortie d’un membre de l’UE. Dans l'impasse, les élus pourraient décider de réorganiser un référendum sur la sortie du pays ou non de l'Union, ce que Theresa May exclut fermement.  

Alors que le Brexit était censé avoir lieu vendredi 29 mars, les dirigeants européens ont accordé un délai à Londres, avec deux options : soit l'accord de retrait est adopté cette semaine et la date du Brexit sera repoussée jusqu'au 22 mai ; soit l'accord est rejeté, et Londres aura jusqu'au 12 avril pour présenter une alternative et demander un nouveau report. Sinon, ce sera une sortie brutale, sans accord.

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