Ouagadougou : que sait-on du GSIM, le groupe terroriste qui a revendiqué les attaques ?

International
DirectLCI
ELÉMENTS - L'ambassade de France, l'état-major général des armées burkinabé et l'Institut français étaient visés lors de la double-attaque survenue à Ouagadougou, vendredi. Samedi soir, la coalition GSIM a revendiqué cette action. Comment est née cette organisation ? Qui la dirige ?

Vendredi 2 mars, plusieurs attaques ont frappé la ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Plusieurs lieux ont été visés par des hommes armés, dont l'ambassade de France, l'état-major général des armées burkinabé et l'Institut français. Bilan, 8 morts et 12 blessés graves. 


Dès le lendemain, le groupe djihadiste GSIM (Groupe pour le Soutien de l'Islam et des Musulmans) a revendiqué ces actions. Dans un communiqué transmis à l'agence mauritanienne Al Akhbar,  il indique avoir agi "en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l'armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines". LCI vous en dit plus sur cette organisation.

Un groupe tout récent

Le GSIM, Nusrat al-Islam wal-Muslimin en arabe, a été créé tout juste un an avant les attentats de Ouagadougou, le 2 mars 2017. Celui qui se présente comme "le plus grand rassemblement de djihadistes de la région" est issu de la fusion de plusieurs groupes du Sahel. Il y a tout d’abord "l’Emirat du Sahara", branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), puis Al-Mourabitoune, dirigé par Mokhtar Belmokhtar, qui a notamment revendiqué des attaques à Bamako et Ouagadougou ces deux dernières années. Et enfin Ansar Dine ("Les défenseurs de la religion"), l'un des principaux groupes armés participant à la guerre du Mali mené par le Touareg Iyad Ag Ghali.

Un ancien bassiste à la tête de l'organisation

Iyad Ag Ghali est aujourd’hui à la tête du GSIM. Âgé de 58 ans, ce Malien n’est autre que l’ancien bassiste du célèbre groupe de blues touareg Tinariwen. Formé aux armes en Libye, il s’est notamment battu contre Israël dans les années 1980, envoyé par Kadhafi avant de diriger les opérations commandos au Tchad pour renverser le président Hissène Habré, allié des Français. De retour au Mali à la fin de la décennie, Iyad Ag Ghali s’impose petit à petit comme un leader charismatique, une icône. 


Fils d’un homme très pieux, il bascule dans le rigorisme, persuadé que seule la charia peut tordre le cou à la corruption ou à l’insécurité. En 2012, l’homme créé le groupe armé salafiste Ansar Dine qui compte en 2013 environ 3.000 hommes armés avant de s’unir à d’autres vieux éléphants du jihadisme au Sahel en 2017. Lors d’un d’entretien accordé au journal yéméniste Al Mousri d’Al Quaida et cité par site d’information marocain Le 360, il affirme vouloir "dresser tous les musulmans contre l’ennemi à travers une recherche de soutien populaire et le renforcement des relations avec les populations" et annonce "des actions de guérilla" avec un recours alternatif "aux méthodes de guerre classique".

Des antécédents revendiqués

Le GSIM avait déjà revendiqué l'attaque qui a coûté la vie à deux militaires français et blessé un troisième le 21 février dans le nord-est du Mali, une zone frontalière du Niger réputée servir de refuge à des groupes jihadistes que la force conjointe du G5 Sahel s'est donnée pour mission de chasser. Il est également impliqué dans la prise d’otage de plusieurs occidentaux, dont Sophie Pétronin, la seule otage française dans le monde. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter