Burkina Faso : ce que l’on sait des attaques à Ouagadougou revendiquées par le groupe jihadiste GSIM

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BURKINA FASO - Vendredi 2 mars au matin, plusieurs attaques "à relent terroriste très fort" ont frappé la ville de Ouagadougou, la capitale du pays. Selon des sources sécuritaires françaises, ce samedi matin, le bilan fait état d'au moins 8 morts et 12 blessés graves. Ce samedi soir, le groupe jihadiste GSIM a revendiqué les attaques. Des attaques qu'ils ont mené en représailles à une opération de l'armée française.

Un série d'attaques a ciblé, vendredi 2 mars dans la matinée, plusieurs lieux de la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, dont l'ambassade de France, l'état-major général des armées burkinabé et l'Institut français. Selon plusieurs témoins, dont un se trouvant dans un bistrot situé à 500 mètres de l'ambassade de France, les attaques auraient eu lieu entre 10h30 et 11h heure française. 


Des hommes armés seraient alors sortis d'une voiture et auraient ouvert le feu sur des passants avant de se diriger vers l'ambassade de France. Un bref message de l'ambassade de France posté peu avant 11h sur Facebook a confirmé qu'une attaque était en cours : "Attaque en cours à l’ambassade de France et à l’Institut français. Restez confinés là où vous êtes." Selon nos informations, les attaques ont été menées à l'aide de fusil d'assauts de type kalachnikov. 

Des attaques en représailles à une opération de l'armée française dans le Nord Mali

L'ambassadeur de France envoyé spécial pour le Sahel, Jean-Marc Châtaigner, avait qualifié dans la matinée sur Twitter les événements d'"attaque terroriste". Une thèse confirmée par le ministre burkinabè de l'Information Rémis Fulgance Dandjinou à la télévision d'état RTB, qui évoque une attaque à "relent terroriste très fort". Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "tentative d'assassinat terroriste". Selon le dernier bilan, les attaques ont fait au moins 8 morts et 12 blessés graves.  Huit assaillants auraient également été abattus, selon une source sécuritaire française à LCI. 


Ce samedi soir, le groupe jihadiste GSIM, le groupe pour le soutien de l'islam et des musulmans (Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin), a revendiqué les attaques de Ouagadougou. C'est ce même groupe qui avait revendiqué l'attaque au Mali, qui avait coûté la vie à deux militaires français, la semaine dernière. Dans un communiqué transmis à l'agence mauritanienne Al Akhbar,  ils indiquent avoir agi "en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l'armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines", selon l'agence. 


Pour savoir de quelle opération il s'agit, il faut remonter à la mi-février.  Une vingtaine de jihadistes présumés avaient été "tués ou capturés", selon l'état-major français, lors d'une opération aérienne et au sol des forces françaises visant le groupe d'Iyad Ag Ghaly dans le nord-est du Mali, à proximité de la frontière avec l'Algérie.

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Un bilan très lourd

Le GSIM avait déjà revendiqué l'attaque qui a coûté la vie à deux militaires français et blessé un troisième le 21 février dans le nord-est du Mali, une zone frontalière du Niger réputée servir de refuge à des groupes jihadistes que la force conjointe du G5 Sahel s'est donnée pour mission de chasser.


A Ouagadougou, huit membres des forces de l'ordre burkinabè ont été tués vendredi et 12 blessés sont en état d'urgence absolue, selon un bilan officiel. Aucun ressortissant français n'a été tué ou blessé. 

Ces dernières années, Ouagadougou a été frappée à plusieurs reprises par des attaques djihadistes visant des cibles fréquentées par les occidentaux. Le 15 janvier 2016, trente personnes, dont six Canadiens et cinq Européens, avaient été tuées lors d'un raid jihadiste contre l'hôtel le Splendid et le restaurant Cappuccino dans le centre de Ouagadougou. Le 13 août dernier, deux assaillants avaient ouvert le feu sur un café-restaurant halal, le Aziz Istanbul, situé sur la principale avenue de la capitale, faisant 19 morts et 21 blessés.

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